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    Souhayl.

    CHRONIQUE : Arithmétique de zakat el-mal
    par Souhayl. A

    Questions transmises récemment :

    Chaque année je paie (comme prescrit par Allah) la Zakat. J'ai lu plusieurs articles sur différents sites sur le mode de calcul mais après concertation avec des frères, j'ai pris la décision de la calculer comme suit: je prends 2,5% de la somme qui se trouve sur mon compte à la date anniversaire. Est-ce juste vis à vis des règles ?

    Je viens de prêter une somme d'argent à un frère afin qu'il achète dans le Hallal (pas de riba) un appartement. Je voulais savoir si je devais payer la Zakat sur cet argent que je ne possède plus temporairement ?

    La Zakat el-mal est une obligation pour tout musulman qui dispose des moyens financiers suffisants pour la payer. Entre autre, elle a pour principale fonction d’encourager les hommes à la pratique du don (à la base de toute socialité authentique) et d’équilibrer les écarts sociaux entre riches et pauvres, afin de ne pas exclure ces derniers de la société et leur offrir un cadre de vie décent. Le prophète Muhammad (PBSL) a d’ailleurs rappelé à ce sujet que « n’est pas musulman celui qui s’endort le ventre plein alors que son voisin et frère en islam n’a pas de quoi manger ».

    L’enseignement à tirer de ce hadith et de plusieurs qui vont dans le même sens est que la solidarité et l’altruisme sont l’armature et la base de notre religion, que la culture du gâchis si répandue à notre époque est étrangère à l’islam, et qu’il ne faut pas se complaire dans l’insignifiance vis-à-vis d’autrui et s’enfermer dans une certaine morale hédoniste qui consiste en l’assouvissement frénétique et illimité des plaisirs matériels, en dédiant par exemple la dépense de son argent exclusivement au consumérisme, sans se soucier du sort de ses coreligionnaires qui partagent pourtant les mêmes valeurs que soi.

    Après cette brève digression toujours utile à exposer en amont, venons-en maintenant à votre question. Dans les temps modernes que nous vivons et plus précisément en Occident, il est nécessaire de rappeler que l’homme n’aspire plus comme autrefois uniquement à la satisfaction des besoins élémentaires, mais s’est engagé collectivement depuis l’avènement de l’industrie à créer indéfiniment des nouveaux besoins, redéfinissant par là le cycle économique général et instaurant le règne de la « société de consommation ». Cette dernière élève l’acte de production et d’achat au rang de valeurs. Contrairement à des sociétés antérieures, l’activité économique d’aujourd’hui ne vise plus à satisfaire les besoins primaires de l’homme mais tend par une subtile définition de rareté à créer en lui une envie illimitée de consommer (1). On ne parle plus alors d’une « économie solidaire » mais plutôt d’une « économie de jouissance » ou la capacité de consommation est elle-même symbole de prospérité (2). A partir de cette logique, il n’y a aucun obstacle à la fuite en avant d’une société qui ignore volontairement au nom des lois du Marché, la signification du « sens collectif » et qui ne reconnaît désormais plus de limite à la notion de nécessité ou de besoin personnel. Face à cette dérive inédite, quelle solution devrait adopter un musulman de nos jours face un système collectif qui le pousse inconsciemment à être en porte-à-faux par rapport aux principes que lui enseigne sa religion ? Autrement dit, ce n’est pas parce que des notions telles que « le partage » ou « la redistribution » ne font plus l’unanimité dans le monde moderne, qu’il faudrait abandonner ces valeurs et se résigner à suivre aveuglément la masse.

    Si l’on se place momentanément sur le terrain de la contingence, et que l’on tient compte de la philosophie de l’islam et de la sagesse divine qu’il y a derrière l’instauration de la Zakat, le problème actuellement n’est pas de savoir si l’épargne annuelle d’une personne lambda est suffisamment fournie pour lui permettre de payer ou non la Zakat, mais plutôt de déterminer si le « train de vie » qu’elle mène (qui varie fortement suivant la classe sociale à laquelle l’on appartient et de la vision que l’on a de la nécessité) ne constitue pas une barrière ou un prétexte inconscient au non-paiement de cette dernière. Autrement dit, pour savoir si l’on est soumis au paiement de la zakat el mal et à quel montant, il faut arriver à tracer une limite entre les biens de nécessités et ceux de conforts et loisirs (tâche qui incombe aux docteurs de l’ijtihad –effort d’interprétation–), et maîtriser au mieux ses dépenses afin de ne pas se retrouver en fin d’année en position d’impossibilité de payer cet impôt obligatoire sous prétexte que l’on n’a pas constitué durant une année, une épargne suffisante sur son compte en banque pour s’en acquitter.

    Pour que nos propos soient plus parlants, nous donnerons comme exemple la situation classique suivante :

    Un cadre qui gagne un salaire mensuel net de 2500 € par mois, et qui de part son train de vie, suit un rythme de consommation soutenu (de l’ordre du tabdir), qui ne lui laisse aucune possibilité d’épargne mensuelle suffisante pour payer Zakat El Mal. De l’autre coté, nous avons un autre cadre gagnant la même somme, mais qui chaque mois après déduction de ses dépenses nécessaires (loyer, courses, EDF….) arrive à mettre de coté 800 € et lui soumet méticuleusement la règle des 2,5% par mois (soit un total annuel de 240€ pour la Zakat), pour s’acquitter de cet impôt divin et le verser en fin d’année à un musulman dans la nécessité.

    Deux parcours similaires mais deux agissements totalement à l’opposer, qui nous poussent naturellement à poser la question suivante : Est-il acceptable que la première personne, qui est pourtant prospère et surement pointilleuse à l’heure du calcul et du paiement de ses impôts dus à l’Etat (impôts sur le revenus, taxe d’habitation…), puisse être aussi négligente envers le troisième pilier de l’islam, sous prétexte qu’elle n’a pas eu l’intuition ni la conscience de calculer à partir de ses revenus l’impôt du à Dieu créateur des cieux et de la terre ? Voilà en tout cas un exemple qui en dit long sur le peu de considération pour la religion et le degré de compréhension de l’islam qu’a de nos jours une certaine catégorie de musulmans !

    Quoi qu’il en soit, si tous les musulmans venaient à privilégier le calcul égoïste et à placer l’hédonisme au centre de leur vie, cela finirait ni plus ni moins que par vider complètement de sa substance le troisième pilier de l’Islam. Le musulman de façon générale et dans sa vie de tous les jours, doit toujours sortir de son cadre individuel et avoir une vision large qui lui permet de se tourner également vers les plus démunis de sa communauté. Ceci est une philosophie de vie que nous enseigne l’Islam et qui est une part importante de ce que l’on appelle la piété « a-taqwa ». Sur la question des dérives consuméristes de nos sociétés modernes et de toutes les aliénations que cela engendre, se référer à nos deux chroniques : « Les sentiers de l’égarement » et « L’empire du gâchis » ainsi qu’à notre article sur « Les principes de la retenue en islam ».

    Pour récapituler dans le détail le calcul de Zakat El Mal, il faut donc tenir compte, non pas de l’épargne annuelle restante, mais de calculer mensuellement une part à allouer à la Zakat, et de la verser s’il elle est positive une fois l’année terminée. Telle est le sens en islam de la règle traditionnelle du nisab. Les dépenses logiques à ne pas prendre en compte dans le calcul de cette Zakat sont donc les suivantes :

    - Les besoins vitaux (nourriture, logement, mariage, éducation des enfants…) et les biens d’équipements d’intérieurs indispensables (ex : achat de meubles, d’outils de cuisine, de ménage, ...). Là encore il ne faut pas confondre les dépenses d’équipement avec celles de loisirs (3).

    - Les impôts dus à l’état et les frais nécessaires à la vie en société (frais administratifs, frais relatifs aux transports et aux déplacements pour maintenir les liens familiaux : silat e-rahim….)

    Il faut donc ensuite déduire 2,5% du montant restant, et mettre de côté cet argent pour qu’il constitue une « part mensuelle » de la Zakat. Une fois l’année écoulée, il suffira de verser le montant total de cette part, en tant que Zakat El-Mal pour ceux qui sont habilités à la recevoir (Voir notre article sur Le troisième pilier de l’islam).

    Enfin, pour ce qui est de l’épargne annuelle accumulée par héritage ou autre et qui a survécue à 12 mois, il faut lui appliquer également la règle des 2,5% annuellement et l’inclure dans le calcul général de Zakat El Mal. Par contre, l’argent prêté, qui n’est donc plus disponible physiquement sur notre compte, n’est pas soumis à la Zakat, tant qu’il n’est pas revenu sur le compte du prêteur. Une fois que cela est le cas, il rentre à nouveau dans le calcul à l’année N+1.

    Wa Allahou alam

    (1) Voir à ce sujet notre chronique « Les sentiers de l’égarement »
    (2) Voir à ce sujet notre chronique « L’empire du gâchis »
    (3) Il est clair que les savants musulmans doivent fournirent un véritable effort d’interprétation réaliste et en accord avec notre époque pour bien structurer et cadrer les choses ici.

                                                                          Cet article a été déjà consulté 28981 fois
     

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    sendi
    23 mai 2010
    16:58:42

    Bonjour, connaissez vous, svp, le nissab de la zakat de l'année 1431 hejri?

     

     

    Dernière mise à jour : 01/08/2014 - Nombre visiteurs : 3742093
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