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    Souhayl.

    CHRONIQUE : Otez moi ce voile...! 
    par Souhayl. A

    « L'expression "mort naturelle" est charmante. Elle laisse supposer qu'il existe une mort surnaturelle, voire une mort contre nature. » (Gabriel Matzneff )

    La mort reste de nos jours l’un des sujets les plus controversé dans l’histoire de l’humanité. Les scientistes chevronnés et leur raisonnement expérimental, l’ont réduite à une simple vision biologique, à l’arrêt d’une machine aux rouages parfaitement agencés, que l’on appelle « le corps humain ». On en est même arrivé, dans ce sens, à croire qu'il n'y a rien après la mort.

    La résignation pousse nos contemporains à banaliser cet événement, au lieu de chercher à comprendre son sens et d’appréhender ses mystères. On l’ignore, en outrepassant son caractère imprévisible et fatal pour chaque être humain, pour n’en garder que l’aspect « naturel ». Cette attitude a ainsi vu apparaître des schémas de pensée classiques tendancieux souvent exprimés de la sorte : « nous mourons tous un jour », « il faut vivre sa vie, on verra après…», « the show must go one » …

    Le sérieux de la mort, son caractère libératoire ou d’épreuve de vérité pour le Héros (tel Ulysse ou autre héros mythologique), tous ces attributs sont morts avec l’arrivée de l’époque moderne. Seul les « croyants » (de quelques religions) restent les gardiens du temple de « l’au-delà », terme qui réunit à la fois toutes les peurs et fantasmes de l’être humain.

    L’une des causes de la vision tronquée de la mort en Occident provient des philosophes « modernes », qui ont contribué fortement à cette pensée biaisée et superficielle de la mort, lui enlevant tout caractère transcendantal, en ne la limitant qu’à la réalité biologique de l’être. Comment des pensées telles que « l'empirisme anglo-saxon » ou le « rationalisme appliqué » pour ne citer que ceux-là, qui ont pour seul et unique but l'épanouissement matériel de l'homme, peuvent lui permettre de s'élever à des réalités qui échappent toujours aux lois physiques ?

    En vérité, les déficiences spirituelles engendrées par ces courants de pensées dits « de lumière » assombrissent les esprits plus qu’ils ne les éclairent. Elles empêchent l'homme d'élargir son horizon mental et s'ouvrir à toute connaissance autre que le savoir profane.

    Pourtant, derrière le voile de banalité que les modernes veulent donner à la mort, se cache une peur manifeste de ce phénomène dont ils ignorent complètement la portée et la signification. Cette angoisse devant cet événement inéluctable est à mettre en parallèle avec l’examen de conscience que chacun d’entre nous exerce sur sa personne au cours de sa vie. Jean de la Fontaine avait d’ailleurs très bien compris ce dont il s’agit en affirmant que : « La mort ne surprend point le sage : il est toujours prêt à partir. »

    Si le déclic se produit pour certains, une fois confronté par exemple au décès subi ou accidentel d’un proche, chez d’autres il ne fait qu’accentuer leur révolte contre le destin ; dans le désarroi et l’impuissance, ils renoncent souvent à voir dans cette échéance des signes autres que la non-existence : « Nous croyons être affligés de la mort d'une personne, quand c'est la mort seule qui fait impression sur nous. » (Gabriel Sénac)

    L’Islam enseigne que les réflexions sur la mort sont étroitement liées à celles que l’on se pose sur la vie, que la mort conditionne la suite des événements qu’attendent chacun de nous, que c’est en méditant sur la mort que l’au-delà devient plus lisible, que la vie dans ce monde prend toute son importance : « Dis: La mort que vous fuyez va certes vous rencontrer. Ensuite vous serez ramenés à Celui qui connaît parfaitement le monde invisible et le monde visible et qui vous informera alors de ce que vous faisiez. » Coran (62:8)

    Tout en suivant la voie tracée par le messager (PBSL), le croyant prépare donc sa personne à la mort durant toute sa vie, et cela de diverses façons comme le souvenir, la méditation ou l’autocritique permanente de soi (muhasabat a-nafs) afin de parvenir à cette échéance dans l’état spirituel le plus conforme possible.

    Dans l'ésotérisme islamique (le « soufisme »), cette préparation du « nefs » se fait au moyen de l’ascèse (a-Zuhd) (renoncement aux plaisirs faciles de la vie matérielle) qui est en quelque sorte une première mort symbolique, un « dépouillement spirituel » dont la libération des affres de la mort physique n’est qu’une étape parmi d’autres. Mais combien sont de nos jours à comprendre une telle démarche ou à se soucier de leur devenir dans l’après mort ?

    Le grand Al Ghazali (Algazel) surnommé aussi « la preuve de l’islam » (Houjate al islam), dit dans son fameux livre « Interprétation des noms de Dieu » (Asma Allah Al-husna) : « La vision intérieure a guidé les maîtres de perception intellectuelle au fait que l’homme a été créé pour l’éternité et qu’il n’y a aucun moyen pour lui de devenir non existant... Evidemment, il y a des moments où son lien est coupé avec son cadavre, quand on dit qu’il "est mort"; ou des moments où son lien peut revenir, et où l’on dit "il est revenu à la vie. "»

    Mullâ Sadrâ, un des maîtres spirituels Chiite les plus distingués, ne dit pas le contraire :

    « Il faut savoir que la survenue de la mort est une chose naturelle, dont l’origine … est le mouvement de l’âme, depuis le monde de la Nature jusqu’à la « Naissance » à condition d’être permanente, l’acte par lequel elle s’éloigne de ce corps, sa sortie hors de la poussière de ces aspects corporels, son avancée vers le pays de la vie dernière… [La cause de la mort], c’est la force de l’âme intensifiant son essence, l’intensification de son acte d’exister, et son retour, par le mouvement qui lui est essentiel, à son Instaurateur [divin], d’où elle tire son origine et vers lequel est son terme, soit joyeuse et comblée, soit tourmentée et mise sans dessus dessous »

    L’islam enseigne donc par le biais des « savants de l'au-delà » (El-a'rifi'n bi Allah), ceux qui par grâce divine maîtrisent « l’art du dévoilement de l’inconnu» (Kachf ilm al-Ghayb) que la mort physique telle que nous la percevons n’est qu’une vision profane de la réalité de l’être. Elle reste totalement éloignée de la vision métaphysique enseignée par les traditions religieuses, qui voit en la mort une intensification de l’esprit qui finit par prendre le dessus au moment de la mort sur le corps terrestre ; l’esprit se libèrant ainsi du monde d’ici-bas pour entamer une migration vers l’au-delà (Dar al-karar) afin de comparaitre devant le Seigneur des mondes pour rendre compte de tout ses actes : « Tout ce qui vous a été donné est la jouissance éphémère de la vie ici-bas et sa parure, alors que ce qui est auprès d'Allah est meilleur et plus durable... Ne comprenez-vous donc pas ? » Coran (28:60)

    En se plaçant ainsi à un tout autre point de vue, l’islam nous enseigne qu'un des buts de la mort est d’ôter le voile (al-Ghita’) qui nous empêche d’appréhender les mystères de l’au-delà. On révèle ainsi par sa propre mort, la véritable nature de soi, qui n’est autre que le reflet de notre âme arrivée à son degré le plus mature (en bien ou en mal). La préservation de cette dernière en l’état le plus pur possible est un but recherché par tout musulman sincère, qui dans l’adoration de son créateur doit se préparer à cette échéance fixée, tout en se conformant à la parole prophétique qui dit : « Vis ta vie comme si tu vivais pour toujours et œuvre pour ton au-delà comme si tu mourais demain ». Celle que les modernes ont déformé diaboliquement en « Vis ta vie chaque jour à fond comme si c'était le dernier! ».

                                                                          Cet article a été déjà consulté 8383 fois
     

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    Dernière mise à jour : 01/08/2014 - Nombre visiteurs : 3287163
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