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    Après Gaza, renforcer la solidarité internationale

    Les mobilisations fournissent la preuve d’un soutien populaire grandissant à l’égard du peuple palestinien mais sans garantir automatiquement de gains politiques à plus long terme, écrit Jamal Juma.

    L’invasion israélienne de Gaza, qui a coûté plus de 1400 morts palestiniens, a entraîné une sérieuse réaction populaire à l’échelle de la planète. De façon écrasante les prises de positions et communiqués officiels ont été faibles, particulièrement dans le monde arabe, contrastant radicalement avec les démonstrations de colère visibles dans les rues des capitales et villes à travers le monde.

    Mais cette récente vague de protestations a montré une qualité particulière la différenciant des mobilisations antérieures : l’explosion initiale s’est ensuite canalisée dans une efficace action politique de terrain, principalement sous la forme d’une campagne continue pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions (BDS).

    Les succès et la montée en puissance tangibles de la mobilisation pour le BDS juste après Gaza sont un résultat direct des nombreuses années d’un militantisme souvent mal reconnu pour organiser, construire et mobiliser, entrepris après qu’ait été lancé l’appel de la société civile palestinienne en 2005. Il est important de prendre en compte ces quatre dernières années afin de s’assurer que nous continuons à construire sur la base de ces succès.

    Nous sommes maintenant au-delà d’un questionnement sur l’efficacité de la campagne BDS et nous devons maintenant travailler pour y intégrer le nombre de plus en plus important de personnes qui, outrées de ce qui s’est passé à Gaza, ne sont cependant pas encore en contact avec le mouvement BDS. Nous devons également démultiplier les acteurs et les luttes impliqués dans le mouvement BDS en liant la cause palestinienne à d’autres combats similaires pour la justice économique et politique.

    Un certain nombre de commentateurs ont noté les mobilisations de masse qui se sont produites en réponse à l’invasion de Gaza par Israël. Des manifestations et rassemblements de protestation ont été organisés sur chaque continent, faisant participer des millions de personnes à travers des centaines de villes. Au Moyen-Orient, en Asie du Sud-Est et en Europe occidentale où les manifestations pro-Palestine sont en général fortes, les chiffres de participation et le niveau des actions étaient astronomiques.

    Au Moyen-Orient, en particulier en Jordanie et en Egypte, la déconnexion entre la position des régimes soutenus par les Etats-Unis et leurs propres peuples vis-à-vis d’Israël a été exposée au grand jour. En Egypte, l’armée de policiers anti-émeutes envoyée par le régime a été dans l’impossibilité le plus souvent d’interdire les manifestations qui à beaucoup d’occasions ont été estimées à des dizaines de milliers de participants. Des scènes semblables ont eu lieu en Jordanie où les milliers de protestataires à Amman ont lancé des pierres sur la police d’état qui bloquait la rue où se trouve l’ambassade israélienne.

    L’Amérique latine, de son côté, est la seule région où la colère populaire s’est plus ou moins a été reflétée dans les discours et les actions officiels. Ce n’est pas par hasard que la Bolivie et le Venezuela, les deux pays dans la région qui ont coupé leurs liens diplomatiques avec Israël, sieont également les deux états où les gouvernements agissent, en principe et dans la pratique, selon les besoins de la majorité de la population.

    La Palestine est devenue un révélateur pour la démocratie. Tandis que des états plus progressistes en Amérique Latine se mobilisaient pour la Palestine et le BDS, les régimes répressifs au Moyen-Orient ont fait de leur mieux pour écraser la mobilisation populaire. Les gouvernements de l’Union Européenne se situent à un milieu, donnant de nouvelles preuves de leur conception spéciale de « la démocratie » où il est permis aux populations d’exprimer leur opinion mais sans que cela influence les décisions des gouvernements.

    Indépendamment des penchants des politiques gouvernementales, les mobilisations démontrent un soutien populaire considérable et croissant à l’égard du peuple palestinien. Mais ces manifestations, tout en étant encourageantes, ne garantissent pas d’elles-mêmes de gains politiques à plus long terme. L’exemple le plus récent et qui donne le plus à réfléchir concerne le nombre record de personnes qui avaient protesté contre la dernière invasion de l’Irak et les problèmes qui ont suivi et qui ont empoisonné la mise sur pied d’un mouvement pacifiste efficace.

    Nous devrions plutôt prendre considérer les succès concrets de la campagne BDS après [l’invasion de] Gaza comme l’évidence d’un changement politique. Les actions des ouvriers sud-africains et des mouvements sociaux latino-américains, pour mentionner seulement quelques exemples, illustrent non seulement la colère concernant ce qui s’est passé à Gaza, mais également l’efficace canalisation de cette colère dans un mouvement organisé qui a de loin précédé cette dernière atrocité. Cela démontre que nous avons réussi à mettre en place, sur une courte période, un point de référence efficace pour unir la solidarité et le soutien à la cause palestinienne au niveau international.

    Juste après Gaza, les syndicats sud-africains se sont activés contre Israël. Le « South African Transport and Allied Workers Union » (SATAWU) et une partie du « Congress of South African Trade Unions » (COSATU) ont déclaré qu’ils ne déchargeraient plus de bateaux israéliens. Ces positions ont fait la une lorsque le Johanna Russ, un bateau exploité par la Zim Israel Navigation Company, a voulu accoster dans le port de Durban. En dépit des pressions et des menaces, les ouvriers du SATAWU ont refusé de toucher à la cargaison ou d’autoriser le travail de « jaunes » pour décharger le bateau.

    Cette victoire s’inscrit dans un cheminement depuis les premières actions du Comité de solidarité avec la Palestine, lequel depuis sa fondation au début de la deuxième Intifada palestinienne, a été actif en faisant la promotion d’un boycott sud-africain d’Israël. L’appel de 2005 de la société civile palestinienne a stimulé le mouvement et au cours des quatre dernières années, les organisateurs ont accumulé un soutien considérable à la campagne BDS dans les syndicats, les associations, les églises, et les institutions d’Afrique du Sud.

    Dans un discours prononcé en 2006 au Royaume-Uni lors d’une conférence syndicale pour une campagne de solidarité avec la Palestine, Willy Madisha du COSATU a approuvé l’appel pour le BDS et a déclaré que « le mouvement syndical doit aller au delà des votes sur des résolutions, sinon l’histoire regardera derrière elle et crachera sur nos tombes. »

    Le mouvement a continué à progresser, et en 2008, le COSATU s’est engagé à prendre « une mesure énergique pour faire annuler » un contrat du gouvernement avec la société israélienne Orsus Solutions Israel Ltd. à laquelle avait été attribuée un contrat de 5 millions de dollars pour améliorer le système de transport sud-africain. Avec l’affaire du Johanna Russ, le syndicat a pris sa première mesure concrète.

    En outre le COSATU a marqué des points en gagnant en influence durant ces dernières années dans l’ « African National Congress » qui est au gouvernement. Tandis que ces dynamiques politiques générales n’ont pas jusqu’ici empêché que les relations commerciales de l’Afrique du Sud avec Israël augmentent annuellement, elles ont posé les bases d’un revirement possible dans la politique nationale qui placerait à un niveau diplomatique l’obligation morale d’une mise en oeuvre des directives pour le BDS.

    En Amérique du Sud, une sérieuse pression est en train de s’exercer contre l’accord de libre-échange Israel-Mercosur Free Trade Agreement (FTA), menaçant de le faire dérailler entièrement. Les mouvements sociaux sud-américains qui ont des années d’expérience de combat contre le libre échange ont intégré la solidarité avec la Palestine dans leur plateforme.

    Après le forum social mondial qui s’est tenu au Brésil en 2009, les principales organisations dans le pays, y compris le MST (le Mouvement des Travailleurs sans Terre), la CUT (la première fédération syndicale au Brésil), et d’autres plus petits mouvements sociaux organisent contre l’accord des actions au niveau populaire. De plus, un certain nombre de membres du parti au pouvoir apportent leur soutien à ces efforts, et agissent au niveau officiel pour défendre le rejet du FTA.Cette campagne s’appuie également sur l’appel de la société civile palestinienne.

    En 2006, lorsque le projet d’accord a été inscrit pour la première fois à l’ordre du jour du MERCOSUR, le choc créé par la guerre d’Israël de juillet 2006 contre le Liban a poussé les mouvements sociaux à l’action. Ils ont soulevé la question au contre-sommet du MERCOSUR, et les officiels ont fini par discrètement retirer l’accord de l’ordre du jour.

    Plus tard, tirant profit d’une accalmie dans la mobilisation, le FTA a été toujours discrètement remis à l’ordre du jour mais il se trouve encore dans un processus de ratification. Au Brésil, des mouvements sociaux, des syndicats, des organisations arabes et des groupes de solidarité avec la Palestine se sont réunis dans une large coalition et intensifient leur campagne contre l’accord entre Israël et le MERCOSUR. Cette coalition a milité à plusieurs niveaux, mobilisant la résistance populaire tout en intervenant auprès des élus.

    Ces succès nous fournissent un cadre dans lequel nous pouvons soutenir un renforcement durable de la solidarité avec la Palestine. Cette solidarité, qui dans beaucoup de cas n’est pas nouvelle, est devenue plus évidente et plus audible durant l’attaque sur Gaza, et elle doit être intégrée dans le mouvement général de BDS. Une voie pour incorporer cet appui en plein développement est de se retrouver sur des luttes communes, sur la solidarité partagée et les intérêts mutuels.

    Nous pouvons nous inspirer de l’Afrique du Sud et du Brésil où les militants ont été prompts à lier le BDS avec des luttes et une histoire locales. Lutter contre le racisme, le colonialisme et l’exploitation économique aussi bien que mener des campagnes plus spécifiques pour le logement, la terre, l’eau et le droit à l’éducation est une question critique dans les sociétés du sud aussi bien que dans les communautés marginalisées des pays du nord.

    Des liens peuvent également être établis à un niveau plus spécifique, par exemple, contre les différentes sociétés qui tirent bénéfice de la ségrégation et de l’occupation en Palestine et sont impliquées à l’étranger dans des pratiques identiques. Une compagnie de ce genre est l’Israeli Elbit Systems qui est fournisseur de l’armée israélienne et joue un rôle-clé dans la construction du Mur israélien en Cisjordanie. À l’étranger, la compagnie est responsable de la fourniture d’avions sans pilote, ou drones, aux forces d’occupation britanniques et américaines [en Irak et en Afghanistan] et de la construction du mur à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique.

    Cette approche a déjà permis quelques passionnants développements, par exemple les militants luttant contre le racisme aux Etats-Unis ont établi des parallèles intéressants entre la violence et le racisme tels que vécus en Oakland [état de Californie] et dans Gaza aussi bien qu’en Nouvelle-Orléans.

    Dans les endroits où des expériences comparables peuvent ne pas exister, les militants ont trouvé d’autres moyens de lier la cause palestinienne à une audience plus large. Le militantisme à l’université, par exemple, décrit la situation des étudiants et des universités en Palestine pour sensibliser la communauté étudiante et pour gagner son soutien à la campagne pour le BDS. Les appels des étudiants pour le désinvestissement d’Israël et le boycott universitaire sont clairement liés à l’appel pour une plus grande participation dans les processus décisionnels des universités et pour leur transparence financière.

    Le travail des dernières années a préparé le terrain pour les diverses actions dont nous avons été les témoins dans les universités, y compris la vague d’action directe qui a a surgi au Royaume-Uni, la pression pour le désinvestissement à l’université du Hampshire, et l’intérêt croissant pour le boycott universitaire en Europe, aux Etats-Unis et au Canada.

    Israël a perdu sa guerre la plus récente sur tous les front. En plus de de pas avoir pu écraser la résistance dans Gaza, il a été incapable d’empêcher la dissidence dans les territoires sous son contrôle militaire. Cette défaite s’est traduite au niveau international et en dépit d’un effort massif de relations publiques et d’une tentative de contrôler la transmission des images et des informations sortant de Gaza, Israël n’a pu empêcher la compréhension générale [de ce qui se passait]. Une majorité grandissante a ouvertement condamné l’opération pour ce qu’elle était — un massacre — et s’est jointe au mouvement pour le BDS.

    Les succès les plus récents de ce mouvement ont prouvé que la lutte au niveau mondial pour une véritable démocratie et pour la justice est non seulement un terrain d’entente sur lequel s’appuie le soutien aux droits des Palestiniens, mais qu’il s’agit aussi d’une condition préalable à une solidarité efficace. Notre tâche est maintenant d’orienter la colère populaire vers une action coordonnée et collective.

    * Jamal Juma’ est le coordinateur de la campagne Palestinian Grassroots Anti-Apartheid Wall Campaign.

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