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    Proche-Orient : Trump présente un « plan de paix » favorable à Israël

    Selon le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, ce plan ouvre la voie à l’annexion de la vallée du Jourdain et des colonies de Cisjordanie. Il a d’ores et déjà été rejeté par le Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza.

    Le président américain a présenté, mardi 28 janvier, son plan pour résoudre le conflit israélo-palestinien, qui accorde à Israël nombre de concessions, parmi lesquelles la souveraineté sur la vallée du Jourdain.

    Ce plan de 80 pages, « le plus détaillé » jamais mis au point selon lui, permettrait de « faire un grand pas vers la paix », a assuré M. Trump, qui s’exprimait depuis la Maison Blanche, en présence du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. Ce dernier, qui a pris la parole après M. Trump, a salué une « journée historique ». Le Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, a en revanche immédiatement rejeté ce plan de paix, tout comme le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

    Washington va reconnaître les colonies comme partie d’Israël

    Un des aspects les plus sensible de ce plan est le feu vert accordé à l’annexion des colonies. Le premier ministre israélien s’est félicité, dans sa prise de parole, de la reconnaissance par les Etats-Unis de la souveraineté d’Israël sur les colonies dans les territoires palestiniens occupés. Le projet de M. Trump octroierait à Israël la souveraineté sur la vallée du Jourdain, selon M. Nétanyahou, qui a annoncé mardi soir vouloir demander, dès dimanche, au gouvernement à Jérusalem d’approuver l’annexion d’une partie de la Cisjordanie.

    Lire aussi : Cinquante ans d’occupation illégale en Cisjordanie : comment la colonisation n’a cessé de s’étendre

    Israël, qui est prêt à négocier « pendant quatre ans » une solution à deux Etats avec les Palestiniens, pourra annexer « sans attendre » ses colonies en Cisjordanie, a confirmé, plus tard, l’ambassadeur des Etats-Unis à Jérusalem, David Friedman. « Israël ne doit pas attendre du tout », a répondu David Friedman à un journaliste lui demandant si l’annexion serait aussi soumise au délai de quatre ans, juste après la présentation du plan de paix de Donald Trump pour le conflit israélo-palestinien.

    Une solution « à deux Etats »

    Dans ce plan, M. Trump a évoqué une solution « réaliste à deux Etats ». « Ma vision présente une occasion gagnant-gagnant pour les deux parties, une solution réaliste à deux Etats qui résout le risque que représente un Etat palestinien pour la sécurité d’Israël », a-t-il dit.

    Le « futur Etat palestinien » ne verrait le jour que sous plusieurs « conditions », dont « le rejet clair du terrorisme ». Benyamin Nétanyahou s’est également dit prêt à négocier avec les Palestiniens pour leur accorder « un chemin vers un futur Etat », mais a posé comme condition qu’ils reconnaissent Israël comme un « Etat juif ».

    Jérusalem, « capitale indivisible » d’Israël

    M. Trump a souligné que Jérusalem restera « la capitale indivisible d’Israël ». Le président américain a cependant suggéré « une capitale palestinienne dans l’est de Jérusalem » – partie de la ville occupée depuis 1967 par Israël puis annexée, dont les Palestiniens veulent faire la capitale de l’Etat auquel ils aspirent.

    Le président américain a utilisé l’expression « eastern Jerusalem », qui semble désigner la lointaine banlieue de Jérusalem. Une interprétation validée par Benyamin Nétanyahou, qui a déclaré que ce « plan de paix » envisageait de proposer comme capitale aux Palestiniens Abu Dis, une banlieue de la ville située au-delà du mur de séparation.

    Une carte sur Twitter

    Donald Trump a ensuite tweeté une carte des deux Etats envisagés, avec en particulier un tunnel reliant la Cisjordanie à la Bande de Gaza.

    Le Hamas et l’Autorité palestinienne rejettent le plan

    Le mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, a immédiatement rejeté ce plan de paix. « Nous n’accepterons pas de substitut à Jérusalem comme la capitale de l’Etat de Palestine », a déclaré à l’Agence France-Presse Khalil al-Hayya, un haut responsable du mouvement.

    Au moins 13 Palestiniens ont également été blessés, mardi soir, dans des heurts avec les forces israéliennes en Cisjordanie occupée après l’annonce du plan de paix américain pour le Moyen-Orient, a annoncé le Croissant-Rouge palestinien. Selon un journaliste de l’AFP, environ 200 Palestiniens étaient réunis à la sortie de Ramallah, certains brûlant des photos de Donald Trump et d’autres lançant des pierres en direction de soldats israéliens qui ont répliqué avec des tirs de gaz lacrymogène.

    Donald Trump a par ailleurs annoncé avoir envoyé ce mardi « une lettre » au président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, estimant que son plan était « une chance historique » pour les Palestiniens d’obtenir un Etat indépendant.

    « Je lui ai expliqué que le territoire prévu pour son nouvel Etat resterait ouvert et sans développement » de colonies israéliennes « pendant une période de quatre ans », a précisé le président des Etats-Unis.

    Avant même d’être présenté, le plan de M. Trump s’était heurté au rejet des Palestiniens. Selon de hauts responsables palestiniens, M. Abbas a refusé au cours des derniers mois les offres de dialogue du président américain et juge son plan « déjà mort ». Ce plan ne « passera pas », a réagi Mahmoud Abbas juste après la présentation du président des Etats-Unis. « Il est impossible pour n’importe quel enfant, arabe ou palestinien, d’accepter de ne pas avoir Jérusalem », comme capitale d’un Etat palestinien, a déclaré le président Abbas.

    Et le premier ministre palestinien, Mohammed Shtayyeh, a appelé par avance la communauté internationale à boycotter le projet, contraire, selon lui, au droit international. « Ce n’est pas un plan de paix pour le Moyen-Orient », a-t-il affirmé, jugeant que l’initiative visait avant tout à protéger « Trump de la destitution » et « Nétanyahou de la prison ».

    Plan « de la honte » pour l’Iran, des « questions » pour Berlin

    « Le plan de paix de la honte imposé par l’Amérique aux Palestiniens est la trahison du siècle et est voué à l’échec », a écrit le ministère des affaires étrangères iranien dans un communiqué, mardi soir. La République islamique d’Iran ne reconnaît pas Israël et le soutien à la cause palestinienne est une des constantes de sa politique étrangère.

    Pour sa part, l’Arabie saoudite « apprécie » les efforts de Donald Trump pour un plan de paix au Moyen-Orient, a annoncé mercredi le ministère des affaires étrangères qui a appelé à des pourparlers directs entre Israël et les Palestiniens. Tout désaccord avec le plan américain doit être résolu par la négociation « de manière à faire avancer le processus de paix afin de parvenir à un accord qui consacre les droits légitimes du peuple palestinien », a affirmé le ministère saoudien dans un communiqué.

    De son côté, le ministère des affaires étrangères égyptien a appelé les deux parties à une « étude approfondie » du plan proposé par le président américain. Le Caire s’est dit, dans un communiqué, favorable à une solution permettant de rétablir l’ensemble des « droits légitimes » des Palestiniens par l’établissement d’un « Etat indépendant et souverain dans les territoires palestiniens occupés ».

    Par ailleurs, le ministre allemand des affaires étrangères, Heiko Maas, a considéré que seule une solution « acceptable par les deux parties » pouvait « conduire à une paix durable entre Israéliens et Palestiniens » après l’annonce du plan par Donald Trump. « La proposition américaine soulève des questions dont nous allons maintenant discuter avec nos partenaires de l’Union européenne », ajoute M. Maas dans un communiqué, citant parmi ces questions « l’implication des parties au conflit dans un processus de négociation » conforme aux « paramètres internationaux » et des « bases juridiques reconnues ». Mardi soir, l’Organisation des Nations unies (ONU) a également, dans une déclaration, rappelé continuer de s’en tenir aux frontières définies en 1967.

    Volet économique présenté en juin 2019

    Le président américain avait confié au printemps 2017 à son gendre et conseiller Jared Kushner, novice en politique, l’épineuse tâche de concocter une proposition susceptible d’aboutir à « l’accord ultime » entre Israéliens et Palestiniens.

    Article réservé à nos abonnés - Lire aussi : Jared Kushner, gendre idéal et conseiller spécial de Donald Trump

    Les Etats-Unis ont présenté en juin le volet économique de leur plan, qui prévoit environ 50 milliards de dollars d’investissements internationaux dans les territoires palestiniens et les pays arabes voisins sur dix ans. Mais les détails concrets de ce projet restent l’objet de spéculations.

    M. Nétanyahou doit, lui, se rendre à Moscou mercredi pour informer le président russe, Vladimir Poutine, des détails du plan de paix américain pour le Moyen-Orient.

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    Dernière mise à jour : 01/08/2014 - Nombre visiteurs : 5090723
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