Question n° 31
Pensez-vous que la guerre en Palestine doit être un djihad pour tout musulman ?
Dans toute action qu'entreprend l'homme musulman, il existe deux volets : l’un apparent ou extérieur Zahir et l'autre caché Batin, ou pour employer un langage plus occidental une action exotérique et une autre ésotérique. Si l'action extérieure dans le cas du djihad militaire ou al kital (pour bien spécifier ce dont il s'agit) est la réaction d'autodéfense d'un peuple face à une agression, l'action intérieure consistant dans le fait de gommer l'erreur « al-b’atil » générée par l'injustice est surtout de rétablir la Vérité « al-haq ». Cette démarche est symbolisée dans la tradition musulmane par l'attitude sereine du prophète (PBSL) vainqueur pacifique de la Mecque et briseur implacable des idoles de la Kaba, le tout en psalmodiant sans cesse en signe d’humilité et de dévotion à Dieu les paroles coraniques suivantes : « Jaa' al-hakou wa zahaka al batil, ina al-batila kana zahouka ». (La Vérité est venue, et le Mensonge a disparu, la Vérité est venue et le Mensonge doit disparaître à jamais. - Coran 17 – 83)
Une autre définition de la guerre en islam est en rapport étroit avec sa fonction même qui doit être ni plus ni moins qu'une restauration d'un ordre cosmique normal devenu « anormal » par un agissement « contre nature » de l’homme : injustice, tyrannie… Il s'agit donc d'une réaction proportionnée à l'encontre d'un « désordre » arrivé à un « point de basculement », dans le but de restaurer un « ordre universel » ; d'un point de vue purement moral, le djihad militaire peut être aussi envisagé comme étant une autodéfense ou une forme de résistance légitime contre une agression nettement illégitime que subit un peuple, une collectivité ou une nation.
Qu’on le dise clairement dès maintenant, et surtout à ceux qui voient en l’islam une religion fondée sur l’épée : Il n'existe aucune religion qui n'a pas eu comme attitude durant son histoire de prendre les armes pour se défendre surtout si cela va de sa survie. ( Dans l’Hindouisme, voir à ce sujet les hymnes védiques ou la Bhagavad-Gîtâ et spécialement la symbolique de la « guerre de Bharata ». Ou encore dans le Nouveau Testament, où il est important de rappeler le fameux épisode de l’Evangile selon Luc (XXII, 36) qui décrit fort bien la réaction du Christ face à ses ennemis romains, qui pressentant sa future arrestation ordonna à ses disciples la fameuse injonction : « Que celui qui n’a pas d’épée, qu’il vende son manteau pour en acheter une » )
Historiquement parlant, le djihad de « légitime défense » fut initié en islam à l'époque même du prophète (PBSL) dans le but de défendre les musulmans contre l'agression extérieure qui menaçait alors leur tout jeune Etat ; A une échelle régionale les conflits « inter ethniques » qui se sont déclenchés au tout début de l'islam à une époque « décisive » pour sa survie, furent aussi l'occasion pour l'armée musulmane une fois victorieuse de répandre la parole d'Allah et d’agrandir ainsi sous ordre divin les territoires de « dar al islam ». La conquête de la Perse (actuel Iran), de l'Egypte ou de la Syrie par les musulmans s’est faite en partant de ce principe.
Cependant il est important de souligner que le djihad en islam ne se décline pas seulement sous une forme militaire, mais peut prendre d'autres formes comme la « prédication » dans le sentier de Dieu ou plus largement toute action dont l'intention « a-niya » va dans le sens d'un « effort spirituel » personnel ou collectif dans le but de se rapprocher des qualités et attributs divins, qui sont dans la religion musulmane au nombre de quatre-vingt-dix-neuf. Enfin il existe aussi en islam ce que l'on appelle « Le grand djihad », qui est le combat quotidien que chacun doit mener contre soi même ; contre son ennemi intime (al-karin) ou contre son « nefs » (égo), pour débarrasser son intérieur des tentations « a-chahawat » et du matérialisme, et l'orienter le plus possible vers la spiritualité, préparant ainsi sans cesse son âme au grand retour vers l'au-delà : al-mi’aad al akbar. A ce sujet, célèbre est le hadith prophétique ou Muhammad (PBSL) dit de retour d'une expédition militaire : « nous sommes revenus du petit djihad au grand djihad » (rajana minal jihadi al asghar ila al djihadi al akbar)
Maintenant que nous avons bien expliqué la signification profonde et la fonction du djihad en islam nous pouvons avancer, sans prendre trop le risque d’être mal compris, que le djihad en Palestine n’est ni plus ni moins que le droit justifié à la résistance contre l’agresseur et l’occupant sioniste. Résistance qui en dehors de la confusion terminologique entretenue par les médias occidentaux résolument « pro sioniste » (ou pour manipuler l'opinion publique en hésitant pas à qualifier la résistance par des termes péjoratifs tels que : « terrorisme », « extrémisme », « islamisme radical »…) est parfaitement légale, de facto même, que ce soit sur le plan moral, religieux ou du point de vue du droit international. Résistance qui s’exerce d’ailleurs actuellement sous de multiples formes (militaire, intellectuelle, financière...) et qu'il convient à toute personne honnête et raisonnable de ne pas en briser l'élan. Se référer également à nos deux chroniques à ce sujet : « Gaza : De la réaction à l’action » et « Israël : Le temps du boycott massif »).
Ainsi il ne faut pas être spécialement historien ou théologien pour se rendre à l'évidence que le combat pour la cause palestinienne est un combat juste et digne d’être mené à tous les égards. Du fait de l’aversion de l’idéologie sioniste envers l’islam et du fait des multiples crimes perpétrés par l’Etat d'Israël depuis sa création en 1948 à l'encontre de la population palestinienne, chaque musulman doit donc se consacrer à son échelle à combattre le sionisme avec les moyens qui lui sont acquis. Cela afin de ne pas rester en marge de l’histoire comme témoin passif d’une tragédie qui est de l’ordre de l’inhumain (voir aussi le dossier que nous avons consacré au sionisme >>).
Aux « musulmans » qui rechignent encore à cette tache et préfèrent adopter une position « évasive » ou carrément effacée face à ce qui se passe en Palestine, comme si la question ne les concernait nullement, les injonctions prophétiques suivantes devront les faire méditer longuement à défaut de les faire réagir : « Quiconque constate une injustice doit intervenir pour la corriger par la main, s’il n’est pas capable qu’il le fasse par la langue, s’il n’en est pas capable qu’il le désapprouve en son for intérieur, c’est là le degré le plus faible de la foi » (Rapporté par Abû Sa’id al Kudri). « Viens au secours de ton frère, qu'il soit injuste ou qu'il subisse une injustice. » Un homme demanda : « Ô Messager de Dieu, je lui porte secours s'il subit une injustice, mais vois-tu, s'il est injuste, comment lui porterais-je secours ? » « Tu l'empêcheras d'être injuste, c'est ta façon de le secourir. » (Rapporté Al-Bukhârî)
Cependant, en place d’envisager sous le coup d’une réaction émotive le djihad militaire (comme c'est le cas à chaque attaque israélienne sur le peuple palestinien), il convient de s'arrêter et de réfléchir un instant sur des solutions qui pourraient se révéler bien plus sages et plus utiles à la cause des palestiniens, comme penser à les soulager financièrement grâce aux dons d’argent, de médicaments….ou par un sérieux boycott économique et culturel d’Israël. (Là encore se référer à notre chronique : « Israël : Le temps du boycott massif »)
Une autre définition de la guerre en islam est en rapport étroit avec sa fonction même qui doit être ni plus ni moins qu'une restauration d'un ordre cosmique normal devenu « anormal » par un agissement « contre nature » de l’homme : injustice, tyrannie… Il s'agit donc d'une réaction proportionnée à l'encontre d'un « désordre » arrivé à un « point de basculement », dans le but de restaurer un « ordre universel » ; d'un point de vue purement moral, le djihad militaire peut être aussi envisagé comme étant une autodéfense ou une forme de résistance légitime contre une agression nettement illégitime que subit un peuple, une collectivité ou une nation.
Qu’on le dise clairement dès maintenant, et surtout à ceux qui voient en l’islam une religion fondée sur l’épée : Il n'existe aucune religion qui n'a pas eu comme attitude durant son histoire de prendre les armes pour se défendre surtout si cela va de sa survie. ( Dans l’Hindouisme, voir à ce sujet les hymnes védiques ou la Bhagavad-Gîtâ et spécialement la symbolique de la « guerre de Bharata ». Ou encore dans le Nouveau Testament, où il est important de rappeler le fameux épisode de l’Evangile selon Luc (XXII, 36) qui décrit fort bien la réaction du Christ face à ses ennemis romains, qui pressentant sa future arrestation ordonna à ses disciples la fameuse injonction : « Que celui qui n’a pas d’épée, qu’il vende son manteau pour en acheter une » )
Historiquement parlant, le djihad de « légitime défense » fut initié en islam à l'époque même du prophète (PBSL) dans le but de défendre les musulmans contre l'agression extérieure qui menaçait alors leur tout jeune Etat ; A une échelle régionale les conflits « inter ethniques » qui se sont déclenchés au tout début de l'islam à une époque « décisive » pour sa survie, furent aussi l'occasion pour l'armée musulmane une fois victorieuse de répandre la parole d'Allah et d’agrandir ainsi sous ordre divin les territoires de « dar al islam ». La conquête de la Perse (actuel Iran), de l'Egypte ou de la Syrie par les musulmans s’est faite en partant de ce principe.
Cependant il est important de souligner que le djihad en islam ne se décline pas seulement sous une forme militaire, mais peut prendre d'autres formes comme la « prédication » dans le sentier de Dieu ou plus largement toute action dont l'intention « a-niya » va dans le sens d'un « effort spirituel » personnel ou collectif dans le but de se rapprocher des qualités et attributs divins, qui sont dans la religion musulmane au nombre de quatre-vingt-dix-neuf. Enfin il existe aussi en islam ce que l'on appelle « Le grand djihad », qui est le combat quotidien que chacun doit mener contre soi même ; contre son ennemi intime (al-karin) ou contre son « nefs » (égo), pour débarrasser son intérieur des tentations « a-chahawat » et du matérialisme, et l'orienter le plus possible vers la spiritualité, préparant ainsi sans cesse son âme au grand retour vers l'au-delà : al-mi’aad al akbar. A ce sujet, célèbre est le hadith prophétique ou Muhammad (PBSL) dit de retour d'une expédition militaire : « nous sommes revenus du petit djihad au grand djihad » (rajana minal jihadi al asghar ila al djihadi al akbar)
Maintenant que nous avons bien expliqué la signification profonde et la fonction du djihad en islam nous pouvons avancer, sans prendre trop le risque d’être mal compris, que le djihad en Palestine n’est ni plus ni moins que le droit justifié à la résistance contre l’agresseur et l’occupant sioniste. Résistance qui en dehors de la confusion terminologique entretenue par les médias occidentaux résolument « pro sioniste » (ou pour manipuler l'opinion publique en hésitant pas à qualifier la résistance par des termes péjoratifs tels que : « terrorisme », « extrémisme », « islamisme radical »…) est parfaitement légale, de facto même, que ce soit sur le plan moral, religieux ou du point de vue du droit international. Résistance qui s’exerce d’ailleurs actuellement sous de multiples formes (militaire, intellectuelle, financière...) et qu'il convient à toute personne honnête et raisonnable de ne pas en briser l'élan. Se référer également à nos deux chroniques à ce sujet : « Gaza : De la réaction à l’action » et « Israël : Le temps du boycott massif »).
Ainsi il ne faut pas être spécialement historien ou théologien pour se rendre à l'évidence que le combat pour la cause palestinienne est un combat juste et digne d’être mené à tous les égards. Du fait de l’aversion de l’idéologie sioniste envers l’islam et du fait des multiples crimes perpétrés par l’Etat d'Israël depuis sa création en 1948 à l'encontre de la population palestinienne, chaque musulman doit donc se consacrer à son échelle à combattre le sionisme avec les moyens qui lui sont acquis. Cela afin de ne pas rester en marge de l’histoire comme témoin passif d’une tragédie qui est de l’ordre de l’inhumain (voir aussi le dossier que nous avons consacré au sionisme >>).
Aux « musulmans » qui rechignent encore à cette tache et préfèrent adopter une position « évasive » ou carrément effacée face à ce qui se passe en Palestine, comme si la question ne les concernait nullement, les injonctions prophétiques suivantes devront les faire méditer longuement à défaut de les faire réagir : « Quiconque constate une injustice doit intervenir pour la corriger par la main, s’il n’est pas capable qu’il le fasse par la langue, s’il n’en est pas capable qu’il le désapprouve en son for intérieur, c’est là le degré le plus faible de la foi » (Rapporté par Abû Sa’id al Kudri). « Viens au secours de ton frère, qu'il soit injuste ou qu'il subisse une injustice. » Un homme demanda : « Ô Messager de Dieu, je lui porte secours s'il subit une injustice, mais vois-tu, s'il est injuste, comment lui porterais-je secours ? » « Tu l'empêcheras d'être injuste, c'est ta façon de le secourir. » (Rapporté Al-Bukhârî)
Cependant, en place d’envisager sous le coup d’une réaction émotive le djihad militaire (comme c'est le cas à chaque attaque israélienne sur le peuple palestinien), il convient de s'arrêter et de réfléchir un instant sur des solutions qui pourraient se révéler bien plus sages et plus utiles à la cause des palestiniens, comme penser à les soulager financièrement grâce aux dons d’argent, de médicaments….ou par un sérieux boycott économique et culturel d’Israël. (Là encore se référer à notre chronique : « Israël : Le temps du boycott massif »)