Question n° 13

Les intérêts bancaires sont-ils (totalement) haram ?
De nos jours, avec le développement du système bancaire international, repenser l'usure redevient d'une actualité brûlante. (…) Un premier courant de juristes, qualifié de “fondamentaliste” ou de “revivaliste”, se borne à reconduire, dans le sillage d'idéologues comme al-Mawdoudi ou Sayyed Qotb, l'interdiction classique, qui ne supporterait, selon eux, aucun accommodement. (…) Un courant novateur, quoique minoritaire, représenté par des intellectuels comme le Pakistanais Fazlur Rahman, exhorte en revanche les musulmans à remettre en cause la pertinence du fiq'h traditionnel pour les exigences d'une économie moderne. Ils appellent à ne pas perdre de vue le contexte historique qui est à l'origine du discours coranique sur le riba. Ils soulignent que le Coran interdit seulement une forme de riba (riba al-jahiliya) qui, sans rapport avec le prêt avec intérêt pratiqué par la finance actuelle, condamnait l'emprunteur à une misère inéluctable. Les procédés auxquels recourent les banques islamiques actuelles, ne sont à leurs yeux que des expédients juridiques (hiyal) et une autorisation déguisée de l'usure : ils trahissent l'inadaptation du fiq'h au monde d'aujourd'hui.

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