Le Coran, livre sacré révélé par Dieu à son dernier prophète, Muhammad (PBSL), est de nos jours disponibles dans la quasi-totalité des langues existantes, et trouvable dans n'importe quelle librairie. Pourtant, entre le premier verset révélé et la version finale du texte Coranique, il s'est écoulé de nombreuses années, et de nombreux événements ayant permis à la construction du texte final que nous pouvons toucher de nos mains et lire / réciter à notre souhait.
Le prophète de Dieu, Muhammad (PBSL), n'a pas reçu la totalité du Coran d'une seule traite. En effet, c'est sur une vingtaine d'années que le texte lui est parvenu, non seulement pour en facilité la mémorisation, mais également pour guider ses actions devant les choix parfois complexes qu'il devait faire : Faire la guerre (1), établir une trêve avec son peuple (2), retourner à la Mecque accomplir le premier pèlerinage (3), etc...
Un verset Coranique explique d'ailleurs à Muhammad (PBSL) le pourquoi de cette lente révélation :
Les versets (ou ayats, en arabe qui signifient preuves), étaient ainsi retranscrit par écrit par les scribes qui accompagnaient le Messager de Dieu (PBSL), ce dernier ne savant ni lire ni écrire. C'est ainsi que les versets du Coran se trouvèrent inscrits sur la totalité des matériaux d'imprimerie possibles à l'époque : morceaux de parchemins, mais également feuilles de palmiers, omoplates de chameau, peaux ou pierres.
Les versets étaient également le plus souvent appris par coeur par les compagnons du Prophète (PBSL), afin de s'assurer qu'aucune omission ou altération du texte originale ne soit possible ultérieurement.
C'est aussi par la peur de voir ces derniers disparaître en emportant le texte original avec eux, que la compilation du texte Coranique sera faite très tôt après la mort du Prophète (PBSL)
C'est d'ailleurs ce dernier, qui lors du dernier pèlerinage (ou pèlerinage de l'adieu), fit mention à ses scribes, sous ordre de l'ange Gabriel (4), de l'ordre à suivre dans l'agencement de la totalité des versets, pour former le texte que l'on peut lire actuellement, soit 114 Sourates, ordonnées par ordre décroissant de nombres de versets (Hormis la première Sourate, la Fatiha, ou Ouverture)
Peu après la mort du prophète de Dieu (PBSL), la bataille de Yamâma fit rage. Au cours de cette bataille, de nombreux compagnons du prophète dit de « la première heure » périssent. On recensa ainsi près de 500 anciens compagnons parmi ceux tombés aux combats.
Umar (5), prenant conscience que la sauvegarde de l'authenticité du textes coraniques pourrait être mise à mal, va alors proposer à Abu Bakr (6), alors premier calife de l'Islam, la rédaction d'une compilation des versets coraniques.
Zayd ibn Thabit, scribe personnel et du prophète de Dieu (PBSL), est alors chargé de rassembler les divers supports ayant servis à la mise par écrit du Coran pendant les récitations de Muhammad (PBSL).
Abu Bakr, ayant toujours fait preuve de nombreux scrupules à l'égard de ses actions envers Dieu, demanda à Zayd qu'au moins deux témoignages écrits par versets soient produits, avant de l'inclure dans la copie finale.
Beaucoup des anciens compagnons du Prophète de Dieu (PBSL), habitant Médine avait également eu comme réflexe de conserver les supports ayant servi à l’écriture des versets, par crainte et soumission envers Dieu. Le devoir de conservation de Ses paroles leur semblait d'une importance capitale. Ces supports furent donc récupérés par Abu Bakr et permirent ainsi l'établissement d'une première compilation de l’écrit saint.
Les feuillets constituant le manuscrit originel de cette compilation seront gardés par Abu Bakr et transmis à Umar, qui deviendra Calife à la suite de la mort de son ami. C'est ensuite la fille d'Abu Bakr, Hafsa, qui gardera précieusement les feuillets sacrés à la mort de son père.
C’est à la mort d'Uthman (7), calife successeur d'Umar, que ce manuscrit sera détruit par le gouverneur de Médine, Marwân ibn al-Hakam, car une nouvelle compilation nouvellement uniformisée et écrite dans un arabe plus correcte et proche du langage de la révélation, avait été réalisée sous le règne d'Uthman. Par ailleurs, Hafsa refusant de se séparer de la compilation qui lui avait léguée par son père, Marwan attendit la mort de cette dernière avant de la récupérer, puis de la détruire.
(1) Se référer à notre article sur la première grande bataille de l’Islam, à Badr >>
(2) Se référer à notre article sur le pacte d'Al Hudaybiyah >>
(3) Se référer à notre article sur le retour triomphal de Muhammad (PBSL) à la Mecque >>
(4) Se référer à notre article sur les principaux anges en Islam >>
(5) Se référer à notre article sur le deuxième calife de l’Islam >>
(6) Se référer à notre article sur le premier calife de l’Islam >>
(7) Se référer à notre article sur le troisième calife de l’Islam >>
Sous Uthman, troisième calife de l'Islam de 644 à 656 (soit 15 ans après la mort de Muhammad (PBSL), des divergences apparaissent dans certains manuscrits coraniques à cause de la grandeur des territoires conquis à l’époques par les musulmans, où l’utilisation de dialectes différents dans chaque province portait atteinte à la prononciation et parfois au sens même du texte sacré. Aussi, Uthman entreprend une uniformisation des textes coraniques, pour que désormais le manuscrit officiel soit rédigé dans un arabe littérale, proche de celui de la tribu de Quraych afin d’éviter toute possibilité d’erreur dans la lecture et la prononciation du texte.
Ceci se traduisit donc par l'utilisation d'un type unique d'écriture officiel du Coran, et une classification unique par la même des sourates. Une commission fut également chargée de rédiger différentes copies du Coran.
Ces copies seront ensuite judicieusement dispersées sur le territoire afin de permettre l'utilisation par le plus grand nombre d'une copie conforme au texte original. Il est également ordonné de détruire toute les copies ayant précédemment existées, qu'elles appartiennent à Ali (gendre du prophète) ou Ibn Masud (qui refusa de détruire sa copie)
Ce sont ces copies (au mot et à la lettre près) que les musulmans peuvent lire de nos jours, et de nombreux manuscrits subsistent encore, notamment à Istambul et Tachkent en Ouzbékistan.
Afin de permettre au plus grand nombre de musulmans de profiter du texte Coranique, les signes de vocalisation furent introduit sous le règne de Mou`âwiya ibn 'Abî Soufiyân. (4ième Calife et fils d'Abu Soufyân l'oncle du prophète). Ainsi, 'Aboû Al-'Aswad Ad-Dou'alî fut chargé de cette tâche, permettant ainsi d'éviter une lecture erronée du texte. Des signes comme le soukoûn (absence de voyelle), damma (voyelle brève ou), le kasra (voyelle brève i) ou le fatha (voyelle brève a), furent ajoutés en concordance avec le système de vocalisation utilisé par Al-Khalîl ibn 'Ahmad Al-Farâhîdî.
De même, des points ont été utilisés par la suite pour différencier certaines lettres homographes comme le bâ', le tâ' et le thâ'. C'est Al-Hajjâj ibn Yoûsouf qui s'en chargea sous le règne de `Abd Al-Malik ibn Marwân
Enfin, la première version imprimée du Coran apparue en 1530 à Venise, mais fut détruite peu de temps après par les responsables de l'autorité catholique. Il faudra attendre 1787 pour qu'une première édition, de Mulay Usman, voit le jour à St Pétersbourg. Aujourd'hui, c'est l'édition du Caire de 1923 (lecture de Hafs) qui est la plus largement utilisée.