Le califat Fatimide

Le califat Fatimide

Durant le règne du califat Abbasside, ce dernier du faire face à la montée en puissance d’une autre puissante dynastie, les Fatimides, qui disposa d’une influence conséquente et régna en Afrique du Nord pendant près de deux siècles. Le califat Fatimide a également ceci de particulier qu’il constitue le quatrième et dernier califat Arabe (le califat suivant étant celui des Ottomans, d’origines Turques).

Origine

La dynastie des Fatimides a été fondée par ‘Ubayd Allâh al-Mahdî (873-934), imam de confession chiite de la secte des Ismaéliens (1), et qui se prétendait descendant du prophète Muhammad (PBSL) par l’union de sa fille Fatima as-Zahra (d’où le terme « Fatimide » puise son origine donc) et de son cousin, Ali ibn-Abu-Talib. C’est en 909 qu’‘Ubayd Allâh pris officiellement le contrôle de l’Ifriqiya (zone correspondant alors à l’actuelle Tunisie et l’Est de l’Algérie).

Une fois arrivée au pouvoir, le premier calife Fatimide se désigna comme objectif de reprendre la province Egyptienne voisine, afin d’y établir la future capitale de son nouveau royaume. Son influence religieuse ainsi que sa supposée parentée avec le prophète de l’Islam (PBSL), conjuguée à la perte progressive de contrôle du califat Abbasside sur son propre territoire, permis au calife ‘Ubayd Allâh d’envisager une extension rapide des frontières de l’empire Fatimides dans les temps à venir.

Montée en puissance

Avant de conquérir l’Egypte, ‘Ubayd Allâh commenca par prendre contrôle de toute la partie centrale du Maghreb, zone constituée alors de l’actuel Maroc, de la Tunisie, de l’Algérie, et de la Libye. La capitale de son royaume était alors la ville de Mahdia (actuelle Tunisie).

L’armée fatimides entra ensuite en Egypte vers la fin de l’année 900 et remporta une victoire décisive contre la dynastie des Ikhchidides, permettant l’établissement en 969 de la nouvelle ville du Caire (de l’arabe Al-Qahîra – la victorieuse), désormais capitale du royaume Fatimide. La ville du Caire fut d’abord construite dans l’optique de servir de demeure royale pour le calife et se proches, ainsi que son armée. Ainsi les autres villes plus importantes, tel que Fustat, continuèrent à servir de relais administratifs et économiques de l’Egypte.

Après la conquête de l’Egypte, les Fatimides continuèrent leurs raids vers l’Est, leur permettant de prendre rapidement contrôle de la Syrie, du Liban, du Yemen ainsi que de la Sicile et du sud de l’Italie. Afin d’assurer la pérennité de leur royaume, les Fatimides utilisèrent l’avantage géographique de l’Egypte, située au cœur de leur nouveau royaume, pour renforcer les échanges commerciaux entre les différentes provinces annexées, ainsi que dans l’océan indien, et même jusqu’aux portes de la Chine.

Contrairement à la majorité des gouvernements existants à leur époque, les Fatimides ont toujours privilégié le mérite à l’hérédité, en ce qui concernait l’obtention d’une fonction officielle au sein de l’état. Aussi, il arrive que même des officiers d’obédience sunnites soient nommés à des fonctions importantes, ainsi que des chrétiens ou des juifs, s’il était reconnu que ces derniers disposaient des compétences nécessaires à la bonne marche de leur fonction. Seul le calife Fatimide Al-Hakim bi-Amr Allah (996-1021) se montra réticent à reconnaître une quelconque légitimité pour les non-chiites, à occuper une quelconque place officielle dans le gouvernement. Cette attitude à l’égard des personnes de confessions non-chiites alla même jusqu’à la non-reconnaissance des califes Abu Bakr, Umar et Uthman, accompagné de l’ordre de les maudir publiquement, ainsi que la persécution des minorités chrétiennes et juives.

(1) Se référer à notre article sur cette secte de l’Islam >>

Déclin et disparition d’une dynastie

Comme pour la majorité des dynasties ayant acquises un territoire relativement étendu (Omeyyade, Abbasside,…), devenu de ce fait sujet aux révoltes ou aux invasions de toute sortes, les Fatimides finirent par perdre progressivement le contrôle de leur royaume.

Aussi, en 1040, les Zirids (alors gouverneurs du Nord de l’Afrique sous l’autorité des Fatimides) déclarèrent leur indépendance et leur conversion à l’Islam Sunnite. Le califat décida donc de faire appel à la tribu bédouine égyptienne des Banû Hilal afin de rapidement maitriser cette rebellion. En 1070, les Fatimides durent affronter les invasions turques, de mêmes que les croisades chrétiennes, amenant à une perte progressive de leur territoire, jusqu’à ce que ce dernier ne soit plus constitué que de l’Egypte seule.

Après la perte de leur influence politique en 1160, les Fatimides disparurent à la suite de l’envahissement de la l’Egypte par Shirkuh ( ?-1169), général de l’armée de Nur ad-Din (1118-1174), membre de la dynastie turque des Zengides. Shirkuh est aussitôt nommé vizir d’Egypte en 1169. A la mort de Shirkuh, c’est son neveu Saladin (1138-1193) qui reprendra le pouvoir, amenant le commencement de la dynastie des Ayyubides, qui disparaitra elle aussi moins d’un siècle plus tard, en 1260, à l’issue de la bataille d'Aïn Djalout, gagnée par les mamelouks, qui permirent ensuite au califat Abbasside de se rétablir en Egypte.

Développement culturelle

De la même façon que leurs homologues Abbassides faisaient l’éloge du savoir et entretenaient les nombreux savants qui ont contribué à faire de leur règne celui de l’âge d’or de l’Islam, les Fatimides facilitèrent le développement de la littérature et de la science en général sur leur royaume. Véritables mécènes, les califes Fatimides entretenurent de nombreux écrivains et poètes comme Ibn Hâni’ al-Andalusî (?-973) ou encore Emara al-Yamane (?- ?, elle vécut pendant le règne du calife Al-Fa'iz de 1154-1160), mais contribuèrent également à l’écriture et à la sauvegarde de nombreux documents et ouvrages scientifiques, juridiques, géographiques ou encore historiques.

C’est également le calife Al-Hakim bi-Amr Allah qui fut responsable de la fondation de la « Maison de la Sagesse » (Dâr al-Hikma) en terre d’Egypte, véritable lieu d’échange culturel où juristes, scientifiques, astronomes, médecins et mathématiciens de toutes origines pouvaient partager librement leur savoir et faire considérablement avancer les connaissances dans les différents domaines abordés.

Auteur: Souhayl.A & Lionel.J
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