La femme en Islam, est un être à part entière au même titre que l’homme auquel est prescrit un certain nombre de droits, mais également des devoirs qu’elle se doit d’accomplir tout au long de sa vie. Le tout afin d’assumer sa condition et son rôle dans la société du mieux possible et d'accomplir sa vocation spirituelle de la meilleure des manières, et ainsi réussir sa vie terrestre et surtout gagner aisément son au-delà. Le but ici n’étant pas de faire une liste complète non exhaustive des droits et des devoirs incombant à la femme musulmane, mais plutôt de citer les principaux qui constituent en quelque sorte la base de la tradition et que toute musulmane se doit de connaître avant d’envisager une progression dans les autres domaines de la religion.
La femme, qui reste l’égal de l’homme devant Dieu, est tenue du respect des mêmes obligations religieuses que l'homme. De ce fait elle se doit d’accomplir les cinq piliers de l’Islam (Attestation, puis pratique de la Salat, versement de la Zakat, respect du Ramadan et accomplissement du Hajj), ceci tant qu’elle dispose des capacités financières mais surtout physiques le lui permettant (la femme enceinte ou en état de menstruation étant exemptée de certaines pratiques religieuses).
La croyante doit également connaître le mieux possible sa religion afin de distinguer parfaitement le licite (hallal) de l’illicite (haram), d’être par la suite la meilleure épouse pour son mari, mais surtout la meilleure mère qui puisse être pour ses enfants, en étant capable d’exercer l’influence spirituelle nécessaire sur eux et de leur transmettre de la meilleure des façons ses connaissances sur l’Islam.
Le respect des ainés partie des hautes valeurs de l'islam, aussi la fille doit elle écoute, obéissance et "accompagnement" à ses père et mère, et ce durant toute leur vie. Et ce devoir n’a comme unique exception qu’elle ne doit point les écouter ci ceux-ci l’encouragent à accomplir un acte de mécréance (association) ou qui déplait à Dieu.
En tant qu’épouse, la femme musulmane doit obéissance à son mari (1), mais ceci à la stricte condition que ce dernier soit juste envers elle et sa famille et respecte les valeurs de l'islam. L’obéissance ici ne doit point être vu comme une marque de soumission de la femme envers son époux, mais comme une concertation commune qui va dans l'intérêt global du couple et de la famille, où la femme a aussi son mot à dire. La femme musulmane se doit donc de maintenir le lien sacré qu’elle a établi avec son époux lors de son mariage, aussi bien en présence de ce dernier, que pendant son absence.
En tant que femme tout d’abord, la croyante se doit de faire preuve de pudeur, afin de préserver sa féminité et conserver son estime de soi (2).
Le Prophète Muhammad (PBSL) a dit : « … la femme est une bergère dans la demeure de son mari et elle sera responsable de son troupeau … »
Aussi, en tant que mère, la femme musulmane se doit de protéger du mieux qu’elle peut la vie de son nourrisson, de l’allaiter si elle en a la capacité, et de participer avec le père au choix d’un prénom convenable pour son enfant. A ce sujet le prophète de Dieu (PBSL) a dit : « Vous serez interpellés, le jour de le résurrection, par vos prénoms et ceux de vos pères. Choisissez donc de bons prénoms pour vos enfants. »
Toujours afin de parfaire son rôle de mère, la femme musulmane se doit de participer à l’éducation de sa progéniture, que ce soit par l’enseignement de l’hygiène corporelle, de l’importance d’une alimentation équilibrée et de la pratique régulière d’un sport, et enfin de veiller à la santé physique de son enfant.
En ce qui concerne l’éducation intellectuelle à proprement parler, l’apprentissage de la lecture et de l’écriture sont des activités recommandées, de même que l’incitation à la réflexion et à la méditation.
L’éducation religieuse est bien sûr primordiale, que ce soit l’enseignement des principes essentiels de l'islam tels que le bon comportement, la transcendance de certaines vertus tel que l’honnêteté, la générosité, ou l’enseignement des actes d’adoration (prière, zakat, ramadan...).
(1) Pour plus de détails voir notre chronique « Conversion, voile et Soumission » pour connaitre la signification de ce concept.
(2) Se référer à notre article sur « le voile » ainsi que sur « la pudeur en islam ».
« Les femmes sont les sœurs de l’homme. »
C’est en ces mots que le prophète Muhammad (PBSL) s’est adressé à ses compagnons, afin de leur faire comprendre le principe universel d’égalité qu’il existe entre hommes et femmes, et pourquoi ces dernières devaient être traitées avec l’honneur et le respect qui leur est du.
A ce sujet, Dieu confirme par le verset suivant l’égalité de la femme et de l’homme en Islam, qui sont en fait tous les deux issus du même être, Adam. Le fait d’ailleurs que ce verset soit le premier verset de la sourate 4 « Les Femmes » (qui compte tout de même 176 versets est également une marque forte de cette égalité naturelle des sexes retrouvée) :
Parmi les droits inaliénables de la femme, l'on trouve bien évidemment le droit à la vie ( voir le paragraphe précédent ), mais également le droit à la prise en charge de ses enfants, d'accomplir toutes les fonctions de maternage (allaitement, éducation...), le mari s’assurant à ce sujet que sa famille ne manque de rien y compris si sa femme dispose de revenus (travail, héritage…). Ces droits se retrouvent à travers les versets coraniques suivants :
La femme musulmane possède également comme droit fondamental celui de recevoir une éducation suffisante pour lui permettre de s’élever intellectuellement et aussi de connaître les préceptes essentiels de l’islam et d’être de ce fait le meilleur soutien qui puisse être pour son futur époux et ses enfants.
D’ailleurs, concernant le choix de l’époux, celui-ci est laissé à la liberté de la femme, cette dernière ayant entière liberté d’accepter ou de refuser toute demande de mariage lui ayant été faite. Le consentement mutuel est ainsi une qualité essentielle pour le mariage en islam, comme rapporté à travers le verset suivant :
Dans la droite lignée des droits cités plus haut, citons également le droit au travail contesté de nos jours dans certaines sociétés à caractère « coutumier » et qui ne peut d'ailleurs être enlevé à la femme si l'on se réfère à la tradition musulmane ; la première épouse de Muhammad (PBSL), Khadîdja (que Dieu soit satisfait d’elle) était en plus d’être une croyante exemplaire, une commerçante de renom.
Enfin, nous ne pourrions terminer la liste des droits fondamentaux de la femme sans parler de celui relatif à la protection de son intégrité physique (3). Dieu ordonne ainsi aux hommes de préserver leur chasteté, puis fait de même pour les femmes, à travers les versets 30 et 31 de la Sourate 24 : An-Nur (LA LUMIERE)
De même que l’homme vis-à-vis de Dieu dispose du droit d’adorer son Seigneur et d’accomplir les actes religieux élémentaires, la femme musulmane est en tout point égal à ce dernier et peut donc librement adorer Dieu et lui rendre grâce des bienfaits qu’Il lui a prodigué :
La pratique de la Salat, le paiement de la Zakat (4), le jeûne du mois de Ramadan, et le pèlerinage sont donc les droits religieux « sacrés », accordés par le Coran lui-même à travers le verset ci-dessus.
De même que le droit à la propriété a été accordé à l’homme et se retrouve mentionné aussi bien à travers le Coran et les hadiths prophétiques (5), la femme de part son égalité vis-à-vis de l’homme devant Dieu dispose des mêmes droits, et peut par exemple librement ouvrir un commerce, jouir du fruit de son travail et de ses biens en général.
Ensuite, comme mentionné plus haut dans les droits fondamentaux de la femme en Islam et toujours dans le cadre d'une société traditionnelle équilibrée (où par exemple il n'y a pas besoin de deux salaires pour faire vivre une famille), le mari se doit de pourvoir financièrement à l’entretien matériel de son épouse, de la mettre définitivement à l'abri du besoin, et de s’occuper de toutes les charges financières du ménage.
De même, la femme se voit remettre par son mari une dot lors de son mariage dont elle dispose de l’entière liberté d'usage, son absence pouvant même être considérée comme un motif de nullité du mariage.
Une part importante de l’héritage est également accordée à l’épouse en cas du décès de son mari, comme d’ailleurs à la fille en cas de décès de son père. Ce point a par ailleurs été abordé largement dans un autre article de ce dossier (6).
Pour conclure, il est important de rappeler que les modalités du droit musulman exposées ici concernent un modèle dit « traditionnel », qui en plus d'être équitable pour les deux sexes, a également garanti aux femmes leurs pleins droits durant des siècles. L'avènement du monde moderne congénitalement « anti traditionnel », combiné à la décadence socioculturelle et économique du monde musulman, a poussé certains historiens, qui étaient tout sauf "impartiaux", à passer sous silence ou à renier carrément toutes les avancées acquises dans le passé par les femmes musulmanes en matière de droit. Des acquis facilement défaits par la pensée moderne qui juge l'islam uniquement du point de vue de notre époque sans le moindre effort de contextualisation historique, ni de compréhension intellectuelle de sa civilisation.
(3) Se référer à ce propos à l’article « La pudeur en Islam »
(4) Incombe au mari dans certains cas, se référer à notre article sur la zakat >>
(5) Se rapporter à ce sujet à notre chronique « L’Islam et les droits de l’homme »
(6) Se référer à notre article « La pratique de la polygamie en terre d’Islam »