De nombreuses personnalités, étrangères à l’Islam, ont cependant par certaines de leurs oeuvres ou de leur paroles contribuées à mettre en lumière la grandeur de l’Islam et/ou la noblesse de caractère de son prophète Muhammad (PBSL). Voici donc un aperçu des grandes personnalités non musulmanes ayant témoigné leur sympathie vis-à-vis de l’Islam.
Napoléon Bonaparte, est surtout connu pour être le premier consul, puis empereur des Français. Cependant, avant d’être le chef suprême de l’état français, Napoléon fut en premier lieu soldat de l’armée française de 1784 à 1799.
Or, c’est pendant une de ces campagne, en Mars 1798, alors qu’il n’est encore que général de l’armée Française, que Napoléon est envoyé en Egypte. Son objectif est de libérer le pays, alors sous contrôle de l’empire Ottoman, et également de protéger les intérêts français en Orient tout en stoppant l’accès aux Indes à l’ennemi britannique. Quand il arriva avec son armée le 1er Juillet à Alexandrie, il fut acclamé par la foule Egyptienne qui vit en lui le libérateur du joug Ottoman. C’est au contact de cette population musulmane que Napoléon fut mis en relation avec les préceptes de l’Islam, dont il proclamera d’ailleurs la grandeur durant toute sa vie, à travers ses correspondances personnelles :
"L'Islam attaque spécialement les idolâtres; il n'y a point d'autre dieu que Dieu, et Mahomet est son prophète; voilà le fondement de la religion musulmane; c'était le point le plus essentiel: consacrer la grande vérité annoncée par Moïse et confirmée par Jésus. (...) Il n'y a pas d'autre dieu que Dieu et Mahomet est son prophète.
(...) Je suis, moi, musulman unitaire et (que) je glorifie le Prophète. (...) J'espère que le moment ne tardera pas où je pourrai réunir tous les hommes sages et instruits du pays, et établir un régime uniforme, fondé sur les principes de l'Alcoran (Islam - nda), qui sont les seuls vrais et qui peuvent seuls faire le bonheur des hommes."
(Extraits de "Correspondance de Napoléon Ier Tome V pièce n° 4287 du 17/07/1799: profession de foi, voir aussi pièce n° 3148; et de l'ouvrage de Christian Cherfils: "Bonaparte et l'Islam" - Pedone Ed. - Paris - 1914 - p. 81 - 127 )
Victor Hugo est un écrivain français considéré comme l’un des plus éminents de la langue française. Il est connu que les opinions religieuses de Victor Hugo changèrent sensiblement au cours de sa vie. Dans sa jeunesse, il s’identifiait en tant que catholique pratiquant, et éprouvait du respect pour l’Eglise et son autorité, puis il se détacha progressivement de la pratique religieuse, pour s’intéresser au spiritisme... De son intérêt pour l’Islam on ne connaît de lui malheureusement que le fameux poème intitulé « L’an neuf de l’Hégire », composé en 1858, et qui rend hommage au prophète Muhammad (PBSL) :
Lamartine, lors de ses voyages en Europe, eut l’opportunité de visiter la Turquie, durant le sultanat d’Abdülmecit 1er. Il fut d’ailleurs admis à la cour de l’empereur Ottoman, et s’arrêta quelque temps à la cite d’Aydin. Il entreprit alors d’écrire un livre, l’Histoire de la Turquie (1854), dans lequel il eut entre autre, les propos suivants à l’égard du prophète de l’Islam (PBSL) :
« Jamais homme ne se proposa volontairement où involontairement un but plus sublime puisque ce but était surhumain : saper les superstitions interposées entre la créature et le Créateur, rendre Dieu à l’homme et l’homme à Dieu, restaurer l’idée rationnelle et sainte de la divinité dans ce chaos de dieux matériels et défigurés de l’idolâtrie.
Jamais homme n’accomplit en moins de temps une si immense et durable révolution dans le monde, puisque moins de deux siècles après sa prédication, l’Islamisme, prêché et armé, régnait sur les trois Arabies, conquérait à l’unité de Dieu, la Perse, le Korassan, la Transoxiane, l’Inde occidentale, la Syrie, l’Egypte, l’Ethiopie, tout le continent connu de l’Afrique Septentrionale, plusieurs îles de la Méditerranée, l’Espagne et une partie de la Gaule.
>Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l’immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l’homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l’histoire moderne à Mahomet ?
Les plus fameux n’ont remué que des armes, des lois, des empires ; ils n’ont fondé, quand ils ont fondé quelque chose, que des puissances matérielles, écroulées souvent avant eux. Celui-là a remué des armées, des législations, des empires, des peuples, des dynasties, des millions d’hommes sur un tiers du globe habité ; mais il a remué, de plus, des idées, des croyances, des âmes.
Il a fondé sur un livre dont chaque lettre est devenue loi, une nationalité spirituelle qui englobe des peuples de toutes les langues et de toutes les races, et il a imprimé pour caractère indélébile de cette nationalité musulmane la haine des faux dieux et la passion du Dieu un et immatériel (…).
Philosophe, orateur, apôtre, législateur, guerrier, conquérant d’idées, restaurateur de dogmes rationnels d’un culte sans images, fondateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel, voilà Mahomet. A toutes les échelles où l’on mesure la grandeur humaine, quel homme fut plus grand. »
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Julius Evola, fut à ses début artiste, poète et écrivain essayiste. Mais il est surtout connu pour être une grande figure de l'ésotérisme occidental vers lequel il s'orienta au milieu de sa vie après la lecture de l'œuvre de Réné Guénon (Abd al wahid Yahya en islam). Dans son célèbre ouvrage "Révolte contre le monde moderne" qui rappel la "crise du monde moderne" de R.Guénon, Julius Evola détail sa vision de l'islam dont le symbolisme traditionnel d''après lui indique clairement un rattachement direct de l'islam à la Tradition primordiale elle-même. D'où l'indépendance totale de l'islam vis à vis du judaïsme ou du christianisme, religions à l'égard duquel il reste très critique et dont il rejette plusieurs des dogmes comme le péché originel, le concept de rédemption, la médiation sacerdotale, etc... Voici ce que déclare l'auteur de "Chevaucher le Tigre" à propos de l'islam dans un de ses ouvrages :
« De même que dans l'hébraïsme sacerdotal, l'élément central est constitué ici par la loi et la tradition, en tant que forces formatrices, auxquelles les souches arabes des origines fournirent toutefois une matière beaucoup plus pure, plus noble et empreinte d'esprit guerrier. La loi islamique, Sharîah, est la loi divine; sa base, le Coran, est considéré comme la parole même de Dieu - kalâm Allâh - comme une oeuvre non humaine, un livre "incréé", existant ab aeterno dans les cieux. Si l'Islam se considère comme la "religion d'Abraham" et a même voulu faire de celui-ci le fondateur de la Kaaba, où réapparaît la "pierre", le symbole du "Centre", il n'en demeure pas moins qu'il affirme son indépendance vis-à-vis de l'hébraïsme comme du christianisme, que le centre de la Kaaba contenant le symbole en question a des origines préislamiques lointaines, difficiles à déterminer, et qu'enfin le point de référence de la tradition ésotérique islamique est la mystérieuse figure du Khidr, considérée comme supérieure et antérieure aux prophètes bibliques. L'Islam rejette le thème caracteristique de l'hébraïsme, qui deviendra, dans le christianisme, le dogme et la base du mystère christique: il maintient, sensiblement affaibli, le thème de la chute d'Adam, sans en déduire, toutefois, la notion de "péché originel". Il voit en celui-ci une "illusion diabolique" - talbis Iblîs. D'une certaine façon, même, ce thème est inversé, la chute de Satan - Iblîs ou Shaitân - étant attribuée, dans le Coran (XVIII, 48), au refus de celui-ci de se prosterner, avec les Anges, devant Adam. Ainsi se trouvent repoussés à la fois l'idée centrale du christianisme, celle d'un rédempteur ou sauveur, et l'idée d'une médiation exercée par une caste sacerdotale. » (Révolte contre le monde moderne - P340-341)
Louis Massignon est notamment connu entre autre pour être l'auteur d'une thèse monumentale sur la vie d'Al Hallaj, l'une des grandes figures du soufisme du Xième siècle, mort crucifié à Bagdad en 922. C'est d'ailleurs à travers l'œuvre de Louis Massignon que l'Occident prit connaissance de la pensée d'Al hallaj.
Louis Massignon a également obtenu une chaire en sociologie musulmane au Collège de France et à consacré la majeure partie de sa vie à rédiger sa thèse sur l'Islam, prenant le maximum de précautions quand à l'objectivité dont il doit faire preuve afin de rendre cette dernière la plus pertinente possible.
La phrase suivante est ainsi tirée d'un de ses travaux, et témoigne de sa haute estime pour les musulmans :
« L'Islam est la seule communauté monothéiste qui, depuis treize siècles a édicté le pèlerinage comme un devoir, réalisant visiblement et symboliquement le rassemblement de tout les croyants dans le Dieu unique d'Abraham autour du point central qui polarise cinq fois par jour les prières. Un seul pèlerin est l'ambassadeur, le témoin intercesseur de tout un groupe de croyant… Le pèlerinage est le seul moyen collectif de sanctification, d'ascèse et d'intercession à la portée des plus humbles » (Dieu Vivant, XIV, liminaire, 1949, p7-14)
Hindou élevé dans le plus grand respect de l'islam, dont un des fils fut à un moment même converti à cette religion, Gandhi est considéré par les hindous comme le père fondateur de l'Inde indépendante. Il fut à la fois homme politique pacifiste et philosophe. A propos de l'islam et de son prophète il eut le témoignage suivant :
« Je voulais mieux connaitre la vie de celui qui aujourd'hui détient indiscutablement les coeurs de millions d'êtres humains. Je suis désormais plus que jamais convaincu que ce n'était pas l'épée qui créait une place pour l'Islam dans le coeur de ceux qui cherchaient une direction à leur vie. C'était cette grande humilité, cet altruisme du prophète, l'égard scrupuleux envers ses engagements, sa dévotion intense à ses amis et adeptes, son intrépidité, son courage, sa confiance absolue en Dieu et en sa propre mission. Ces faits, et non l'épée, lui amenèrent tant de succès, et lui permirent de surmonter les problèmes. » (Extrait du journal "Young India", cité dans "The light", Lahore, 16/0009/1924)
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Né à Paris le 14 avril 1903, ce philosophe et orientaliste français œuvrera durant toute sa vie à la reconnaissance de ce qu'il appelait « un continent philosophique englouti par l'histoire », celui de l'islam iranien et de la gnose chiite.
Par ses traductions de nombreux écrits de maîtres tels que Sûhrawardi, Molla Sadra ou même le soufi mondialement connu du nom d'Ibn Arabi, Henry Corbin, contribua grâce à son œuvre à la redécouverte d'un type de philosophie musulmane dit aussi « théosophie des lumières », peu connue jusqu'à lors en Occident.
C'est lors de ses études à l'université de la Sorbonne dans les années 20-30, qu’Henry Corbin fera la rencontre de Louis Massignon, qui l'initiera à la philosophie de l' « ishrak » de Sûhrawardi (à qui il consacrera un ouvrage : Sûhrawardî d'Alep), qui va ainsi bouleverser irrémédiablement sa vie. Après plusieurs séjours en Allemagne où il étudiera les philosophes de la « nouvelle génération » tel qu'Heidegger ou Nietzche, Henry Corbin sera attaché à l'institut français d'Istanbul de 1939 à 1945, avant de devenir le fondateur du département d'Iranologie de l'institut français de Téhéran. Il y fondera également la « bibliothèque iranienne » spécialisée dans le recensement des ouvrages liés à la tradition oubliée de l'ésotérisme islamique chiite.
Henry Corbin succédera par la suite à son ami et collègue Louis Massignon en tant que directeur de études « Islamisme et religions de l'Arabie » à l'École des hautes études de Téhéran, pour finalement créer en 1974 le centre international de recherche spirituelle comparée, à l'Université Saint-Jean de Jérusalem, réunissant les spécialistes des trois monothéismes. Henry Corbin mourra quatre ans plus tard dans sa ville natale, le 7 octobre 1978 à l'âge de 75 ans.
A travers son œuvre, Henry Corbin a contribué à démontrer que les réflexions d'ordre philosophiques en terre d'islam n'étaient pas bornées à des savants sunnites tel que Averroès ( ibn Rushd) ou Algazel (al-Ghazâlî) mais qu'au contraire les philosophes perses comme Avicenne (ibn Sina) ou Molla Sadra, contribuèrent à un nouvel essor de la pensée islamique, notamment par les travaux de Sûhrawardi, dont l'une des œuvres maitresses, Le Bruissement de l'aile de Gabriel (Awâz-e Parr-e Jabrâ'yêl) sera traduite par Henry Corbin en 1935.
Il n'en demeure pas moins que la philosophie Ishraquite de Sûhrawardi est restée fort contestée en terre d'islam jusqu'à nos jours et cela du faite des multiples emprunts que son auteur aurait fait à l'antique sagesse grecque et iranienne et qu'il aurait revêtu par la suite d'un caractère islamique.
Henry Corbin aura également à charge d'expliciter des domaines spirituels et ésotériques complexes tel que le récit visionnaire, le monde imaginal et l'imagination créatrice en tant que facultés théophaniques, le corps spirituel, l'imamologie, ou encore l'angélologie à travers le prisme islamique. Domaines qui restent sans équivalent dans la philosophie occidentale et qui sont les fondements d'œuvres immenses tel que celle d'Ibn Arabi, qu' Henry Corbin considérait comme « un des plus grands théosophes visionnaires de tous les temps » et à qui il rendra hommage à travers l'un de ses livres les plus connus L'imagination créatrice dans le soufisme d'Ibn Arabi, publiée en 1958.
De façon globale, l'œuvre d'Henri Corbin restera exclusivement consacrée à la spiritualité islamique, qu'il s'agisse du soufisme (taçawuf), de la gnose shiite (Irfan-i shi-i) ou de l'ismaélisme (secte issue du shiisme), et aura exercé une influence considérable en Occident dans les domaines de la philosophie ou de l'anthropologie, en marquant particulièrement les travaux de Gilbert Durant ou de Christian Jambert.
Henri Corbin sur l'islam shiite :
« Parler de l'Islam comme religion d'amour ne correspond guère à la représentation courante que l'on se fait de l'Islam commun, du moins de l'Islam sunnite, sous son aspect de stricte religion légalitaire, observance de la sha'riat. Le Paradoxe ne s'entend habtiuellement que si l'on parle de soufisme. Or, c'est l'Islam shî'ite comme tel sans même qu'il y ait besoin de se référer nommément au soufisme, qui se présente comme religion de la walâyat (de l'amour). »
Henri Corbin sur la spiritualité d'Ibn Arabi :
« Une de ces fortes et rares individualités spirituelles qui sont à elles-mêmes la norme de leur propre orthodoxie ».
« L'imagination active est essentiellement l'organe des théophanies, parce qu'elle est l'organe de la création et que la création est essentiellement théophanie… »
« Le cœur est le foyer où se concentre l'énergie spirituelle créatrice, c'est-à-dire théophanique, tandis que l'imagination en est l'organe » (L'imagination créatrice d'Ibn Arabi)
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