Considéré comme le courant majoritaire au sein du Chiisme, le chiisme duodécimain représente 80 % des Chiites actuels, et est le courant majoritaire, pour ne pas dire parfois officiel, de pays comme l’Azerbaïdjan, le Liban, l’Iran, Bahreïn ou encore l’Irak.
Le chiisme duodécimain tient son nom de la croyance en douze imams, censés être les successeurs aussi bien spirituels que temporels du prophète Muhammad (PBSL), et dont Ali est le premier représentant, sa descendance correspondant aux onze autres.
Voici la liste « officielle » des douze imams reconnus par le Chiisme Duodécimain :
- 1) Ali Ibn Abu Talib (600 – 661) : cousin et gendre du prophète.
- 2) Hassan (624 – 669) : fils aîné d’Ali et de Fatima.
- 3) Hussein (626 – 680) : fils cadet d’Ali et de Fatima.
- 4) Zayn al-`Âbidîn (658 – 713) : fils de Hussein et de Shahr Banû.
- 5) Muhammad Al-Baqir (676 – 743) : fils de Zayn al-`Âbidîn et Fatima bint Hassan ibn Ali.
- 6) Ja'far al-Sadiq (702 – 765) : fils de Muhammad Al-Baqir et de Umm Farwah bint Qasim.
- 7) Musa al-Kazim (745 – 799) : fils de Ja’far al-Sadiq et de Hamida Khatoon.
- 8) Ali al-Rida (765 – 818) : fils de Musa al-Kasim et de Ummul Banin Najma.
- 9) Muhammad al-Taqi (811 – 835) : fils de Ali al-Rida et d’une esclave nubienne.
- 10) Ali al-Hadi (828 – 868) : fils de Muhammad al-Taqi et d’une esclave marocaine.
- 11) Hassan al-Askari (846 – 874) : fils de Ali al-Hadi et Saleel.
- 12) Muhammad al-Madhi (868 – ) : fils de Hassan al-Askari. Sa mère officielle n’est pas connue, et ce serait soit Narjis (une princesse Byzantine) ou une esclave nubienne.
La tradition chiite rapporte que ces personnes, en plus d’être toutes des descendants directs de Ali Ibn Abu Talib, connurent comme leur ancêtre une mort violente, à l’exception du dernier, surnommé le Madhi.. Ce dernier ne serait ainsi aucunement décédé mais aurait été occulté par Dieu en 874 au reste de l’humanité, pour ne revenir que lors de la fin des temps conduirent les armées musulmanes à l’assaut des troupes maléfiques du Djahal (1).
L’occultation en elle-même n’est ni une mort, ni un séjour au Paradis, mais en quelque sorte une « disparition » aux yeux des humains, avec toujours une présence, incarnée dans un corps humain anonyme (2).
L’infaillibilité des Imams est un caractère fondamental de la doctrine chiite. Différents des prophètes (« nabi ») et des messagers (« rasul »), ils sont censés relayer le message de Muhammad (PBSL). Ils seraient même supérieurs aux prophètes et aux messagers à l’exception de Muhammad (PBSL).
(1) Ou Antéchrist, se référer à notre article sur les Signes de la fin des temps >>
(2) Les mollahs iraniens soutiennent ainsi que le Mahdi fut bel et bien présent à la cérémonie d’inauguration du Parlement de la Révolution islamique de Téhéran, en 1979.
La Sharia (3) des Chiites diffère légèrement de celle pratiquée par les Sunnites. Ainsi, en plus de suivre le Coran et la Sunna prophétique, les Chiites doivent suivre les ordres de leurs imams, du fait de leur infaillibilité.
Ainsi, les hadiths des 12 imams obtiennent-ils un statut tout aussi important que ceux rapportés du prophète de Dieu lui-même (PBSL). Ensuite, contrairement aux sunnites, les Chiites estiment que les lois et hadiths attribués au trois premiers califes de l’Islam, que sont Abu Bakr, Umar et Uthman, sont nuls et ne doivent pas être suivis.
La Chahada (4), ou profession de foi, est également modifiée, est devient : « J’attestes qu’il n’y a de Dieu que Dieu et que Muhammad est Son messager et Ali est le bien-aimé de Dieu. »
Au niveau de la prière, de nombreux Chiites utilisent une tablette de pierre ou de bois pour y poser leur front durant la prosternation, afin de respecter au maximum les règles d’hygiènes enseignées par le prophète de Dieu (PBSL). Au cours de la prière, les sunnites gardent les mains croisées sur leur poitrine, alors que certains chiites les positionnent le long du corps.
Le Chiisme possèdent 2 fêtes annuelles très importantes, en plus de l’Achoura, qui sont l’investiture d’Ali par Muhammad le 18 de Dhû l-Hijja, et l’Arbaïn qui marque la fin de l’Achoura, 40 jours après son début. Concernant les lieux « saints » considérés comme sacrés par le Chiisme, on note la mosquée d’Ali de Nadjaf (Irak) ou encore la tombe de Hussein à Kerbala (Irak).
Enfin, concernant le mariage, les Chiites considèrent la Mut’a (5) comme licite, alors que les Sunnites dans leur grande majorité ne la pratiquent plus depuis qu’Umar Ibn Al Kattab l’a interdite durant son califat, alors qu’elle était encore pratiquée sous le nom de Nikâh al Misyar.
(3) Ou loi islamique.
(4) Se référer à notre article sur le premier pilier de l’Islam >>
(5) Mariage temporaire. Chaque époux peut ainsi rompre unilatéralement le mariage à n’importe quel moment sans rendre compte des obligations du mariage classique.