David et son fils Salomon (PBSE), sont les deux seuls prophètes de Dieu à avoir été à la fois messagers de Dieu et Rois de leur peuple ; les fils d’Israël (1) (« Banou Isra’iil »).
Reconnus pour leur droiture et leur vivacité d’esprit, leur sagesse respective rayonne à travers la Bible, mais le Coran n’en dit pas moins.
Que nous apprend le récit Coranique sur ces deux prophètes-rois ? Quels sont les qualités de David et de Salomon (PBSE) mises en avant par l’Islam ?
David (en arabe « Da’woud » ), est originaire de la ville de Bethléem. A l’âge de 11 ans, il se distinguait déjà par son courage et son intelligence, car malgré son apparence chétive, on raconte qu’il fut capable de défendre à deux reprises sa personne et les biens de sa famille de bêtes féroces comme un ours et un lion.
Aussi, quand le roi Saül décida de repousser les Philistins qui menaçaient d’envahir le royaume d’Israël, David (PBSL), poussé par une grâce divine, se proposa pour combattre en combat singulier le champion des Philistins, Goliath.
Saül refusa dans un premier temps d’envoyer un jeune homme aussi chétif face à la montagne de muscle que représentait Goliath (2), mais David assura à son roi le soutien qu’il avait de Dieu, que la victoire lui était promise et qu’il ne fallait jamais se fier aux apparences. A partir de là, David (PBSL) essuya toutes les moqueries de la part des Philistins, ainsi que les menaces de Goliath, qui se promettait de lui trancher la tête d’un seul revers de son épée.
La tradition rapporte que David (PBSL), durant les instants qui précédèrent la bataille, sortit face à l’adversaire déterminé et sans peur. Il ramassa calmement quelques pierres sur le sol, et fabriqua avec sa besace en cuir une fronde pour affronter le colosse géant. Au moment de l’affrontement singulier, il lança de toutes ses forces la pierre sur Goliath qui ne la vit jamais arriver. Cette dernière l’atteignit en plein front, lui causant une mort immédiate. La mort de Goliath porta un coup fatal au moral des troupes Philistins, qui décontenancés par la mise à mort de leur champion, se dispersèrent du champ de bataille laissant la victoire aux Israélites.
Saül, qui avait promis la main de sa fille à quiconque vaincrait Goliath, donna gracieusement la main de cette dernière à David (PBSL), désormais nouveau champion et héros de toute une nation.
David (PBSL), bien que jouissant d’un statut social élevé et d’une grande célébrité, restait un homme soumis entièrement à Dieu et dévoué à son adoration (3). Maints versets du Coran évoquent son exemplarité dans l’adoration de Dieu et son engagement permanent auprès de ses concitoyens pour leur rendre une justice implacable.
David (PBSL) reçut également de Dieu, en sa qualité de prophète, les « Psaumes » (4). Mais aussi le pouvoir de modeler le fer comme s’il s’agissait de cire (5).
David (PBSL) avait pour habitude de pratiquer fréquemment le jeûne. Abdullah Ibn Amr Ibn Al-As, a rapporté le Hadith suivant du prophète Muhammad (PBSL) :
Le prophète m’a dit : « j’ai été informé que tu pries chaque nuits et que tu observes le jeûne chaque jours, est-ce vrai ? » Je lui répondis : « Oui » ; Il me dit alors : « Si tu continues, tes yeux finiront par se fatiguer et tu commenceras à trouver ces choses ennuyeuses. Donc, jeûne trois jours par mois, pour cela sera compté le jeûne d’une année entière. » Je dis : « Je penses que je peux faire mieux. » Le prophète dit : « Alors jêune comme jeûnait le prophète David (PBSL) qui avait l’habitude de jeûner un jour sur deux et n’a jamais fuit devant l’ennemi. » (Sahih Al-Bukhari)
(1) Appellation Coranique pour désigner le peuple juif dont la descendance remonte au prophète Jacob. Ce dernier est connu aussi sous le nom d’Israël « Israi’l ».
(2) A ce sujet le Coran [2:250] dit « Zaa’dahou fil khalqi bastah ».
(3) Selon la tradition, David passait de nombreux jours dans le désert à glorifier Dieu et sa transcendance, en compagnie des divers éléments de la nature, que ce soient les plantes, les animaux ou même les montagnes, qui le rejoignaient dans ses invocations. Car il lui fut donné le pouvoir de communier avec eux.
(4) Certains commentateurs indiquent que les Psaumes sont inclus dans l’Ancien Testament de la Bible : « Psaumes de David ».
(5) Pour créer des armures spéciales, des armures légères faites de cottes de maille (anneaux de fer joints ensemble). La tradition rapporte qu’il gagna sa vie en vendant ses objets à l’armée.
La popularité de David (PBSL) allait en grandissant, et ceci commençait à inquiéter le roi Saül. Aussi, ce dernier décida d’envoyer David (PBSL) se battre contre l’armée des Canaans, supérieurement équipée, afin que ce dernier succombe pendant la bataille. Mais Dieu décida de donner la victoire à David (PBSL) et celui-ci revint victorieux de la bataille.
Pendant ce temps, la position du roi Saül au sein de son propre royaume devenait de plus en plus fragile, et ce dernier perdait de l’influence auprès de ses sujets. On raconte qu’il décida alors de diriger le pays d’une main de fer, instaurant l’oppression sur la totalité du pays. D’un autre coté l’aura de David (PBSL) ne cessait de s’agrandir auprès de la population, et nombreux furent ceux qui étaient près à le soutenir pour renverser le roi Saül. David finira par les écouter et réunit une armée pour livrer la bataille décisive contre Saül.
Mais l’affrontement n’aura finalement pas lieu (6). Le roi Saül, se rendant compte de son erreur décida de battre en retraite et réintégra même David (PBSL) parmi ses proches conseillers.
Le temps passa et le roi Saül mourut lors d’une bataille où David (PBSL) était absent. Le peuple juif élu alors celui qu’il considérait comme un homme courageux, juste, et pieux, comme nouveau souverain du royaume d’Israël.
Le prophète David (PBSL) fut un souverain juste, qui amena paix et prospérité à son peuple. Les psaumes qu’il récitait de sa voix mélodieuse donnait l’impression à l’auditoire que toute la création psalmodiait avec lui.
Bien qu’étant roi, David (PBSL) se refusait à vivre d’une quelconque rente, préférant gagner lui-même sa subsistance. Il exerçait ainsi le métier de forgeron, car Dieu lui avait donné la faculté de maîtriser le fer.
David (PBSL), en sa qualité de souverain, séparait ses journées en quatre parties : une pour travailler et se reposer, une pour glorifier Dieu, une pour écouter les problèmes de ses sujets et une pour délivrer ses sermons. En témoigne, une des histoires les plus célèbres du Coran, dont voici le récit :
Un jour, il reçut la visite de deux hommes qui avaient un différent et voulaient se soumettre à son jugement pour régler leur différent. David écouta alors l’argument du premier homme, qui lui expliqua que son frère possédait 99 moutons, et lui en avait donné un, puis l’avait repris. David (PBSL) demanda alors au deuxième homme de rendre le mouton appartenant à son frère, car ce qu’il avait fait n’était pas juste.
Aussitôt, les deux hommes disparurent, et David (PBSL) réalisa qu’il s’agissait en fait de deux Anges envoyés par Dieu pour lui apprendre une leçon. Il n’aurait jamais du prononcer un jugement sans même entendre l’argument de l’autre personne.
(6) La tradition rapporte que David, parvint à s’infiltrer dans le camp du roi Saül, et à atteindre sa couche. Là, en place de le tuer, il coupa seulement un morceau de tissu du vêtement du roi, puis le réveilla, et lui expliqua qu’il ne lui voulait aucun mal. Touché par ce geste, le roi Saul décida de mettre un terme au conflit qui divisait jusqu’alors les deux hommes.
Salomon (Sulayman en arabe), était un homme doué d’une intelligence et d’une sagesse peu commune dès son plus jeune âge.
La tradition rapporte qu’à seulement onze ans, Salomon (PBSL) assista à l’un des jugements rendus par son père entre deux hommes. L’un des hommes, qui était propriétaire terrien, expliqua son problème : « Oh cher prophète ! Le mouton de cet homme vient dans mon champ la nuit et mange les raisins qui s’y trouvent et je viens de ce fait demander compensation pour cela ».
David (PBSL) demanda au propriétaire du mouton si cela était vrai, et ce dernier confirma le témoignage du premier homme. David prononça alors son verdict : « J’ai décidé que tu dois lui donne ton mouton en échange des dommages causés au champ ».
Salomon (PBSL) prit alors la parole et dit : « J’ai une autre opinion. Le propriétaire du mouton devrait prendre le terrain pour le cultiver jusqu’à ce que les raisins repoussent, pendant que l’autre homme prendrait le mouton et ferait usage de sa laine et de son lait en compensation du préjudice subi. Si les raisins repoussent, et que le champ revient à son propriétaire dans son état premier, alors le véritable propriétaire pourra reprendre son bien et le mouton reviendra de même à son propriétaire ».
David (PBSL) ne sut quoi dire devant l’intelligence du jugement prononcé par son fils, alors que ce dernier était encore un tout jeune garçon. Il lui dit alors : « C’est là un jugement droit. Louange soit fait à Dieu pour t’avoir donné le don de la sagesse. Tu es vraiment Salomon le Sage ».
Quand Salomon (PBSL) devint roi à la mort de son père, il pria Dieu de lui accorder un royaume tel que nul autre après lui ne saurait posséder (7), et Dieu lui accorda son souhait. En complément de la sagesse, Dieu avait gratifié Salomon (PBSL) de multiples facultés. Salomon (PBSL) pouvait ainsi commander aux vents, parler aux oiseaux et aux animaux. Dieu lui donna le pouvoir de diriger les hommes et les Djinns (8) afin que ces derniers creusent le sol et extraient le minerai pour faire des outils et des armes. Dieu le favorisa également en lui donnant une mine de cuivre, qui reste un métal rare de nos jours, et dont l’alliage avec d’autres minerais donnent le cuivre et le laiton, reconnus comme étant des métaux très résistant.
Un jour, Salomon (PBSL) se rendit avec son armée en direction d’Askalon. En arrivant dans la vallée, une fourmi vit l’armée s’approcher et alerta alors ses congénères de l’imminence de la venue de l’armée. Salomon (PBSL), ayant entendu les paroles de l’insecte, sourit, car il n’avait aucune intention de blesser intentionnellement une créature de Dieu. Il remercia alors Ce Dernier de lui avoir permis d’épargner la vie de Ses créatures.
A Jérusalem, sur un grand rocher, Salomon (PBSL) bâtit un temple magnifique pour inciter les gens à y prier Dieu. Cet édifice religieux est connu de nos jours sous le nom de « Dôme du rocher » (9). La tradition musulmane, raconte que de ce lieu, Salomon partit en pèlerinage à la maison sacrée (la Kaaba) située à la Mecque en Arabie.
(7) La tradition musulmane rapporte que le prophète Muhammad (PBSL), se souvenant constamment de l’invocation de Salomon, évitait souvent d’user de certains pouvoirs surnaturels égaux à ceux qu'avait Salomon, et à ce qu’il avait aussi accès de pouvoirs en tant que prophète de Dieu.
(8) Créatures de feu vivant parmi les hommes, mais ces derniers ne peuvent les voir.
(9) Lieu saint pour les musulmans car c’est de là que le prophète Muhammad (PBSL) s’éleva au ciel lors de son voyage nocturne « Isra o’al Miraj ». Ce même lieu est revendiqué aussi par la tradition juive comme étant saint, connu aussi sous le nom de « Ruines du temple du roi Salomon ».
Après avoir accomplit son pèlerinage, Salomon (PBSL) et ses hommes voyagèrent jusqu’au Yémen et atteignirent la ville de San’a.
Salomon (PBSL) passa ses troupes en revue, et remarqua l’absence de la Huppe « Hudhud ». Il l’appela alors et voyant que celle-ci ne revenait pas, commença à se mettre en colère. La huppe revint peu de temps après, et expliqua son retard à Salomon :
Salomon, outré par le fait qu’il puisse exister des personnes adorant un autre que Dieu l’unique, décida d’envoyer la huppe avec une lettre destinée à la reine. Verset 25 à 28, Sourate 27 : AN-NAML (LES FOURMIS)
La reine de Saba « Bilkis », en recevant la lettre de Salomon (PBSL), décida de réunir ses conseillers et leur lut la lettre :
Elle demanda ensuite à ces derniers la solution à adopter face à l’injonction de Salomon (PBSL). Ses conseillers lui rappelèrent son rôle de responsable des armées, et la reine, par crainte d’une attaque de Salomon (PBSL) sur son royaume, décida d’envoyer un présent afin de gagner sa sympathie et en même temps pour inspecter la taille de son armée. Verset 25 à 28, Sourate 27 : AN-NAML (LES FOURMIS)
Les éclaireurs disposés par Salomon (PBSL) lui rapportèrent la venue des messagers de Bilkis avec un présent. Il comprit alors que la reine avait envoyés ces hommes chargés d’une mission spéciale et de ce fait, il réunit son armée.
Les messagers de Bilkis, en arrivant dans les territoires occupés par Salomon (PBSL), comprirent à quel point les richesses de Saba n’étaient rien en comparaison des biens dont été gratifiés le roi Salomon (PBSL).
Ils furent également émerveillés par le nombre et la variété impressionnante de soldats, incluant des lions, des tigres et des oiseaux. Les messagers comprirent alors qu’ils se tenaient en face d’une armée invincible.
La reine de Saba, écouta attentivement le rapport de ses messagers, et en place de se sentir offensée par la menace de Salomon (PBSL), décida d’aller à sa rencontre. Elle partit alors accompagnée de ses officiers royaux et de ses serviteurs. Elle envoya également un messager chargé d’informer Salomon (PBSL) de sa venue.
Salomon (PBSL) demanda alors qui parmi ses djinns pourrait lui apporter le trône de la reine avant que cette dernière n’arrive. Alors que les djinns se battaient pour obtenir cet honneur, l’un d’eux du nom de « Ifrit’ », l’apporta à Salomon avant que ce dernier n’eut le temps de cligner de l’oeil (10). Verset 38 à 41, Sourate 27 : AN-NAML (LES FOURMIS)
Salomon (PBSL), ordonna ensuite que le trône soit maquillé de telle sorte qu’il puisse tester la reine. Quand la reine arriva au palais de Salomon (PBSL), elle fut reçue avec tous les égards du à son rang. Salomon (PBSL) lui demanda ensuite si le trône qui s’offrait à ses yeux était le sien ou non. Après une courte période d’hésitation, elle le reconnut et Salomon (PBSL) en fut satisfait, voyant que la reine savait juger avec intelligence et faisait preuve de diplomatie à son égard. Verset 42, Sourate 27 : AN-NAML (LES FOURMIS)
Il conduisit ensuite la reine dans un grand hall fait entièrement de cristal, du sol au plafond. Pensant arriver dans une pièce remplie d’eau, la reine remonta sa robe avant de marcher à travers le hall. Littéralement subjuguée par la connaissance de Salomon (PBSL), qui représentait désormais pour elle non seulement un grand souverain mais également un messager de Dieu, elle se repentit sur l’instant de son ignorance et accepta la foi en un Dieu unique, et encouragea son peuple à faire de même. Verset 44, Sourate 27 : AN-NAML (LES FOURMIS)
La plupart des travaux commandés par Salomon (PBSL), étaient réalisés par les Djinns. C’était une punition envoyée par Dieu à raison de leurs péchés, car ces derniers profitaient de leur pouvoirs pour faire croire aux humains qu’ils étaient tout-puissant et qu’ils pouvaient prédire l’avenir.
Afin de montrer aux Djinns que ces derniers ne disposaient en fait que de peu de science, Dieu fit de la mort de Salomon (PBSL) un exemple. En effet, ce dernier mourut d’un seul coup, alors qu’il se tenait assit sur son trône, appuyé sur son sceptre.
Les djinns ne remarquèrent pas la mort de leur chef, et continuèrent à travailler pour lui (11).
Plusieurs jours s’écoulèrent ainsi, jusqu’à ce qu’une termite ne commence à dévorer le sceptre de Salomon (PBSL), dont le corps finit par s’écrouler sur le sol. Les Djinns comprirent alors leur erreur et la population comprit également que les Djinns n’avaient aucun pouvoir, car ils n’avaient même pas pu remarquer la mort de leur maître il y a de cela plusieurs jours.
Salomon (PBSL) est donc l’un des rares prophètes dont la vie comme la mort eurent un sens hautement symbolique. C’est également le dernier prophète à s’être vu offrir par Dieu un royaume si immense que personne, pas même le grec Alexandre le Grand, ne pourrait rivaliser avec sa grandeur.
(10) Ce célèbre épisode miraculeux est raconté dans la sourate 27 : AN-NAML (LES FOURMIS). La distance entre le palais de Salomon situé au Pakistan, et le trône de la reine de Saba, situé au Yémen, représentait alors plus de deux milles kilomètres.
(11) Ils pensaient à tort que Salomon (PBSL) les surveillait de son trône.
Il est à signaler qu’aussi surréaliste que cela puisse paraître aux yeux de la science, l’histoire de David recèle des découvertes scientifiques majeures, comme l’invention de nouveaux alliages et du procédé de fabrication de la cotte de maille.
Le début de l’histoire de Salomon (PBSL) et de la reine de Saba nous apprend également l’existence d’un langage structuré entre les fourmis, confirmé par les recherches scientifiques contemporaines. Ce ne sont là que des exemples parmi d’autres. Il reste que les jugements rendus par Salomon dans la Bible ou dans le Coran sont vus par les philosophes, comme étant des exemples de sagesse, dont l’humanité devrait s’inspirer.
Théologiens et commentateurs musulmans spéculèrent longtemps sur la nature réelle du récit de l’histoire de David et Salomon, allant jusqu’à lui accorder un sens métaphorique. Quoi qu’il en soit, la majorité des musulmans adhèrent à l’idée générale selon laquelle il n’existe de pouvoir absolu que par Dieu, et que des rois aussi puissants que David et Salomon furent avant tout des êtres entièrement soumis à la volonté divine.