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    Souhayl.

    CHRONIQUE : Mythes & impostures de la modernité (2/3)
    par Souhayl. A

    Dans notre première chronique, nous avions déjà abordé les conditions et les fondements sur lesquels s’est articulée la modernité dans sa construction primaire, aussi bien pour ce qui est de la mascarade incarnée par l’idéologie scientiste, que par l’utopie que représentent les politiques droits-de-l’hommiste actuelles, ou la fallacieuse idée devenue au fil du temps dogme irréfutable, de représentation « nécessairement progressiste » que se font nos contemporains de l’Histoire. Nous avons aussi vu que cette philosophie de la réalisation de la personne par la jouissance et les biens matériels (1), a eu pour principale conséquence d’éloigner progressivement l’homme de toute forme de « Verticalité rituelle », considérée par la mentalité contemporaine comme l’obstacle majeur à l’accomplissement de cette fameuse « liberté », si chère aux modernistes et qui fait tant vendre de nos jours (2). Celle-ci même qui est responsable de l’éclatement de tous les verrous de la morale et du bon sens chez l’homme d’aujourd’hui, devenu animal cartésien par excellence dont les actes et les réflexes sont guidés uniquement par son intérêt bien compris.
     
    Si la « modernité actuelle » est une aventure bien pensée dont le paradigme libéral a mis du temps avant de prendre forme métaphysiquement et juridiquement à travers les différentes institutions politico-sociales, il est temps d’en approfondir quelques autres grandes lignes et notamment le mécanisme et les logiques qui ont facilité l’acceptation par la mentalité générale, de concepts aussi vicieux tels que l’idée de « Marché-Dieu » ou de société du spectacle, uniques en leur genre si l’on prend en compte l’Histoire récente de l’humanité.
     
    De la recherche de la vérité à la quête de l’utilité :


    « En voulant séparer radicalement les sciences de tout principe supérieur sous prétexte d’assurer leur indépendance, la conception moderne leur enlève toute signification profonde et même tout intérêt véritable au point de vue de la connaissance, et cela ne peut aboutir qu’à une impasse, puisqu’elle les enferme dans un domaine irrémédiablement borné…()... Plus on s'enfonce dans la matière, plus les éléments de division et d'opposition s'accentuent et s'amplifient", alors qu' "inversement, plus on s'élève vers la spiritualité pure, plus on s’approche de l’unité, qui ne peut être pleinement réalisée que par la conscience des principes universels » (René Guénon – La crise du monde moderne)
     
    Si autrefois la fonction première de la science était principalement la « quête de vérité », de nos jours elle se résume à un vulgaire instrument de confort; à des méthodes d’innovations matérielles dont la seule finalité est d’être capable à terme de créer de nouveaux besoins et donc de nouveaux marchés. Autrement dit, en se coupant de tous les principes et références sacrés qui participaient auparavant à sa guidance au sein d’une civilisation spirituelle (3), la science moderne depuis Galilée, Newton et Descartes devint foncièrement utilitariste, dans la mesure où pour elle, seule l’application contingente est digne de justifier réellement le savoir et l’investissement. Savoir mis uniquement en pratique dans le cadre d’une quête rationnelle de nouveaux moyens permettant d’améliorer le « bien-être » extérieur de l’homme sur terre. Cela sans se soucier un instant de sa quiétude morale ou de son bonheur intérieur, ni de son devenir dans l’au-delà, puisque seules la capacité de production et la marge économique comptent au final !
     
    En effet, l’avènement et la généralisation du rationalisme, de l’empirisme et de toutes les philosophies « matérialistes » issues des Lumières, ont marqué le début de la fin de la réelle connaissance, telle que l’avait comprise par le passé l’humanité classique. Il n’est donc nullement une surprise, que la suite logique du « scientisme utilitariste », soit lelibéralisme philosophico-économique (4), qui n’a pas mis si longtemps à accoucher de son ultime abomination qu’est ce règne de l’insouciance et de l’immense gâchis que nous connaissons actuellement. Une époque sans sens réel ni projet transcendant ou au nom de la ‘liberté’ on  s’autorise à tout abolir et renverser. Ce monde sans valeurs où prédominent le gain, la rapacité et l’hédonisme subversif dans toutes ses facettes ; le fameux « joindre l’utile à l’agréable » si frappant dans la mentalité et le comportement du citadin new age.
    Pour bien résumer le contexte de ce glissement au fil du temps en partant de la connaissance pure pour arriver à l’utilitarisme libéral que nous connaissons aujourd’hui, il convient de bien rappeler qu’une pareille entreprise ne put s’accomplir qu’à l’intérieur du « référent moderne ». Autrement dit, les systèmes politiques inspirés directement ou indirectement de « l’ambiance des lumières », sont en grande partie responsables du virage scientiste qu’opérèrent les sociétés européennes dès le 17ème siècle. Elles sont aussi amplement à l’origine de cette rupture totale avec les civilisations passées qui contrairement à ce qu’enseignent les apôtres de la modernité, ne furent nullement ignorants du rôle que pouvait jouer la science dans la vie de l’homme, bien au contraire ; elles lui accordèrent toujours la place qu’elle méritait au sein d’un dispositif qui a toujours envisagé l’homme dans son intégralité (corps, âme et esprit), et non seulement par ses aspects sensibles ou rationnels. Car il y a bel et bien chez l’homme des facultés supérieures à la Raison (5), que les promoteurs de la modernité occultent ou vilipendent sciemment, en raison de leur incompatibilité avec les logiques libérales.
     
    L’humanisme comme religion :


    « En voulant mettre en valeur son humanité, l’homme moderne n’a réussi qu’à glorifier son animalité, il n’a pas compris que l’unique moyen d’actualiser son humanité consistait à s’humilier devant Dieu, auteur de l’ordre humain. » (Jacques Maritain)
     
    Comme évoqué précédemment (6), l’humanisme est également une des grandes impostures de la modernité, qui dans sa version philosophique, ainsi que ses applications pratiques, est l’illustration parfaite du faux progrès en matière d’action et de courant de pensée. En mettant l’humain au centre de toutes les préoccupations, les philosophes modernes ont contribué non seulement à briser les liens qui reliaient l’homme à toute forme de tradition transcendante, --ramenée au rang de « folklore » ou de coutume arriérée--, mais également à répandre l’idée mensongère qu’avant le siècle des Lumières, il n’y eut qu’obscurantisme et barbarie. La dimension humaniste (charité chrétienne, institution de la zakat’, compassion pour les faibles…), inhérente à toutes les religions du salut, et tant profitable par le passé au gendre humain, fut ainsi complètement niée et balayée d’un revers de main, pour ne retenir que l’inquisition ou lesguerres de religion (7). En effet, L’Histoire écrite par ceux qui imposent le système actuel en Occident depuis la chute de l’Eglise et l’avènement des Lumières est volontairement sélective et ne semble retenir que ce qui est en osmose parfaite avec les critères de la modernité libérale et techno-scientifique.
    Cependant, mise à part cette erreur métaphysique propre à l’humanisme moderne, il convient de reconnaître que l’humanisme dans sa dimension de terrain (associative et humanitaire), quand il n’est pas perverti par le calcul politique ou employée comme moyen de propagande et d’ingérence, demeure un des rares points positifs nés avec le projet moderne, qui fait que ce dernier est encore moralement acceptable par la conscience collective.
     
    Malheureusement dans beaucoup de situations, les pionniers de l’action humanitaire, quand ils ne sont pas exempts d’arrières pensées, sont eux-mêmes souvent les instruments et les agents inconscients d’un ordre dont la logique finale n’est nullement neutre ou humaniste. Ceux qui connaissent la réalité du terrain savent que c’est bien le cas actuellement de beaucoup d’ONG (8). En d’autres termes : le même système qui spolie les peuples et détruit la biodiversité, se cache derrière l’humanisme et se sert de lui comme idéologie de propagande et mode d’action politique pour revaloriser son image et gommer toutes critiques envers lui. Telle une fortune bâtie exclusivement sur le crime et la spoliation, qui s’engage subitement sur le terrain de la charité et de la bienfaisance espérant faire diversion et regagner au fil du temps le respect et la notoriété. Mais, à raisonner dans ce sens, peut-on éviter l’effondrement d’une bâtisse sur elle même (avec tout ce que cela engendre comme conséquences) sachant que les occupants de cette dernière se refusent à  voir l’étendu des dégâts qui touchent les fondations de leur demeure et préfèrent, plutôt que d’agir et rénover ; se complaire dans l’immobilisme et l'illusion de la sécurité ?
     
     
    (1) voir également nos deux chroniques : « L’empire du gâchis » et « Les sentiers de l’égarement »

    (2) « Entre l'esprit religieux, au vrai sens du terme, et l'esprit moderne, il ne peut y avoir qu'antagonisme. » disait R. Guénon dans Orient et Occident

    (3) Nous entendons ici par le terme de « civilisation spirituelle », celle qui placerait la spiritualité au centre de sa dynamique d’existence, et la science avant tout comme moyen rationnel de développement spirituel et de rencontre avec Dieu, non comme instrument de domination de la nature ou finalité de progrès. Contrairement à ce qu’enseigne l’« Histoire officielle », de telles civilisations ont bel et bien existé, et réussirent durant leur « âge d’or » parfaitement la jonction et l’équilibre entre la Science et la Foi : Voir notre chronique « La foi et la raison »

    (4) Le triomphe du libéralisme sur le communisme, qui n’est ni plus ni moins que le triomphe de l’individualisme suggéré et dépénalisé sur une dictature collectiviste imposée, n’a en fait contribué qu’à accélérer la chute et asseoir définitivement le totalitarisme libéral comme norme gouvernante à une échelle plus globale ; d’où émergèrent progressivement les nouveaux paradigmes que sont la globalisation économique et le Nouvel Ordre Mondial. C’est ce monde, immense espace de consommation et de divertissement, que l’on impose actuellement à l’humanité. Lire aussi nos deux chroniques sur : « Les sentiers de l’égarement » et « L’empire du gâchis ».

    (5) Pour ceux qui souhaiteraient étendre d’avantage cette question, il faut se référer à nos chroniques : « L’ésotérisme d’ Abraham », « Otez moi ce voile! », ainsi que « La vérité est-elle en nous ? »

    (6) Voir ce qui a été dit dans la première partie de cette chronique, ainsi que dans notre chronique intitulée « Vous dites humanisme ? »

    (7) A ce sujet il convient de rappeler que les guerres atomiques ou de colonisation créées par la modernité, sont plus dévastatrices et beaucoup plus meurtrières que toutes les guerres de religion que l’homme a livré contre ses semblables, depuis son avènement sur Terre et jusqu’à nos jours. Pour plus de précision à ce sujet, voir notre chronique « Vers une nouvelle ère spirituelle ? »

    (8) Pire encore, il semblerait que l’aventure humanitaire entreprise par les ONG occidentales dans les pays pauvres d’Afrique, des Caraïbes ou autres, n’a rien à voir avec l’humanitaire dans son vrai sens du terme ; elle tourne selon les témoignages de ceux qui y ont participé de l’intérieur et en eut la chance d’en sortir mentalement indemne, de plus en plus à une véritable entreprise de dépouillement et d’exploitation de la misère des autres : libertinage et histoires de coucheries internes, pédophilie, prostitution et proxénétisme, enlèvement d’enfants… Le scandale (médiatique pour une fois) de l’affaire « Arche de Zoé », dont la France par sa cellule élyséenne fut largement impliquée, ainsi que l’enlèvement d’enfants pour forcer leur adoption aux E.U, facilité par l’armée américaine à Haïti suite au tremblement de terre dévastateur de 2010, ne sont que la partie visible de l’iceberg, en ce qui concerne ce nouveau démon qu’est l’humanitaire mondialisé. Pour les plus sceptiques sur ce que nous avançons ici, il est toujours intéressant de se référer aux sources suivantes parues en leur temps et passée vite sous silence : « Pourquoi le Darfour ? – Le grand Soir », « Haïti dénonce un trafic d'enfants – Le Figaro », « Mission civilisatrice, ingérence humanitaire – Le monde diplomatique », ainsi qu’aux analyses précieuses de l’ouvrage « Penser dans l’urgence. Parcours critique d’un humanitaire ». 

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    phirig
    10 février 2011
    18:44:14

    Psalmodier, réciter, répéter, n’est pas penser. Prier non plus, loin de là. L’antique invite de la Genèse à ne pas vouloir savoir, à se contenter de croire et d’obéir, à préférer la Foi à la Connaissance, à récuser le goût de la science et à célébrer la passion pour la soumission et l’obéissance ne contribue à rehausser le débat…Comme si la religion avait besoin d’innocence, d’inculture et d’ignorance pour proliférer et exister plus sûrement. La même logique anime les interprètes de la loi coranique –ayatollahs et mollahs – qui tâchent de donner sens et cohérence à des textes contradictoires dans le corps même de leur livre saint en jonglant avec les sourates, les versets et les milliers de hadith ou en finassant avec versets abrogeants et versets abrogés ! On attire leur attention sur la haine des juifs et des non-musulmans qui truff à longueur de pages le Coran ? Ils renvoient à la pratique de la dhimma qui permet vaguement aux gens du Livre non musulman d’exister et d’être protégés. Mais ils évitent soigneusement d’expliquer que cette protection existe seulement après le versement sonnant et trébuchant d’un impôt – la gizya -. Ce qui apparente cette prétendue tolérance à une pratique mafieuse de protection de l’individu soumis au financement de l’entreprise qui le rackette… Ou comment inventer l’impôt révolutionnaire !

     

     

    Dernière mise à jour : 01/08/2014 - Nombre visiteurs : 3742257
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