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    Lionel.

    CHRONIQUE : Du suicide au travail
    par Lionel. J

    Ces derniers mois, nous assistons à la résurgence d’un phénomène social des plus inquiétant, à savoir la montée foudroyante du nombre de suicides en milieu professionnel. Comment expliquer ce passage à l’acte dans une société moderne où pourtant l’on nous martèle constamment une qualité de vie particulièrement attirante ? Quelles sont les motivations, les raisons pouvant motiver un acte aussi désespéré ?

    L’Education matérialiste

    L’une des premières raisons pouvant expliquer cet acte désespéré d’autodestruction est à mettre en rapport avec la structuration et l’organisation même de la société moderne dont le matérialisme colonise tout les étages. Celui-ci se manifeste par l’obsession et l’emprise sur les mentalités individuelles d’idéaux telle que le succès ou la réussite sociale, et la dégradation des méthodes de travail, dont l’organisation depuis l’avènement de l’industrie n’a jamais cessée d’être totalitaire. En place d’être un espace d’épanouissement de l’homme et d’accomplissement personnel, le travail moderne en raison de sa dégénérescence à de nos jours comme principal but de payer les factures, d’éponger les dettes et de maintenir le train de vie de la famille ou le faire passer à un niveau supérieur. Que ce soit le travailleur ou le capital, les deux collaborent parfaitement au maintient de l’ordre actuel et au développement et de la société de consommation.

    Cette propension au matérialisme se traduit également par un individualisme des plus féroces ou la concurrence au sein d’une même entreprise étant mise en avant comme moyen de pression sur les travailleurs, permettant aux apôtres du libéralisme que sont aujourd’hui les banques et les multinationales d’avoir à leur disposition une main d’œuvre efficace mais surtout beaucoup plus malléable.

    A cela s’ajoute l’obligation de compétitivité et l’isolement de plus en plus programmé des salariés et leur méfiance les uns vis-à-vis des autres, et sans oublier la solitude engendrée par la segmentation incessante du travail, que chaque salarié s’opère à exécuter seul dans son coin, et qui sous le voile de l’« efficacité », permet surtout de cacher la déshumanisation grimpante des rapports dans le monde de l’entreprise. Et cette déshumanisation se traduit également par la pression constante de la hiérarchie, qui peut se rabattre sur chaque prétendue faute de l’employée pour le rabaisser ou même l’humilier au quotidien s’il n’atteint pas les objectifs espérés.

    Le travail moderne devient ainsi la seule préoccupation quotidienne, et représente ainsi une véritable aliénation de l’esprit humain, qui du coup ne s’élève jamais intellectuellement au-delà du domaine de l’activité professionnelle exercée. Une spécialisation qui devient un efficace outil de mécanisation et d’abrutissement des masses. Que dire aussi de cette vision du salaire comme unique gratification du travail, qui contribue à transformer ce dernier en véritable processus d’esclavage, avec la banalisation et la multiplication des heures supplémentaires et des métiers précaires ? On ne cherche alors plus à gagner sa vie uniquement que dans l’optique de pouvoir dépenser davantage. N’est-il pas ainsi à la mode le fait de « travailler plus pour gagner plus » ?

    Le sens d’une vie

    Une fois ce constat établit, il n’est plus possible de ne pas y voir les causes même du problème pouvant amener un salarié à douter de lui-même, du sens de son métier ou du service qu’il rend à la société.

    A voir de plus prés, la pression vécue au quotidien sur son lieu de travail, à parfois beaucoup de mal à s’évacuer une fois rentré chez soi, quand la charge professionnelle exige toute l’énergie humaine et empêche d’avoir un quelconque recul sur sa vie. Cette spirale infernale peut se prolonger des années et tend à se généraliser avec le triomphe du libéralisme dans des pays qui étaient dotés il n’y a pas si longtemps de cela d’un certain modèle social. Pour une personne pour laquelle l’existence ressemble à une telle impasse, la solution se trouve bien souvent dans cette forme de « démission ultime », à savoir le suicide, qui représente pour l’employé névrosé et fatigué la fin des soucis du quotidien (1).

    Mais refusant tout effort et souffrance (2), l’homme n’en oublie t’il pas un point essentiel de son existence, à savoir que cette dernière est jalonnée d’épreuves et de problèmes uniquement dans le but de lui ouvrir les yeux sur une réalité de toute autre ordre (3) ?

    En plaçant son espérance intégralement dans le travail moderne et dans le but unique d’assouvir ses besoins matériels, il n’est pas étonnant que le résultat final soit le « bal des suicidés » auquel nous assistons actuellement, et qui fait tomber les masques sur l’ampleur de la déshumanisation des sociétés modernes. Sociétés de consommation et du spectacle (4) où la perte du sens même de la collectivité, et de la solidarité n’est que la conséquence de cet éloignement du divin (5).

    (1) Il y a dans le suicide moderne, une forme d’individualisme dans la mesure ou le suicidé en arrive même, a oublier qu’il est garant d’un foyer, et que par son suicide il contribue lâchement à abandonner ceux dont il a la responsabilité en tant que chef de famille.
    (2) Voir notre chronique intitulée « Souffrance et Euthanasie... »
    (3) « Travaille dans ce monde comme si tu devais vivre éternellement et travaille pour l'autre monde comme si tu devais mourir demain. » disait le prophète Muhammad (PBSL)
    (4) Se référer à nos deux chroniques « Les sentiers de l’égarement » et « L’empire du gâchis »
    (5) Est-il réellement possible d’arriver à concilier une vie portée sur le spirituelle avec un travail dans une société moderne ? L’homme est-il encore capable de travailler tout en gardant les yeux dirigés vers le Ciel ?

                                                                          Cet article a été déjà consulté 13878 fois
     

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    Dernière mise à jour : 01/08/2014 - Nombre visiteurs : 3664899
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