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    Lionel.

    CHRONIQUE : Ramadan & travail moderne
    par Lionel. J

    Questions transmises récemment :

    1- Je suis sportif de niveau national, est-ce que la religion me permet de ne pas jeûner le jour des matches ?

    2- Je suis cadre et je n’arrive pas à me concentrer suffisamment sur mon travail pendant le jeûne, à chaque ramadan j’ai donc la pression... Ai-je le droit de ne pas jeûner pendant la semaine si mon poste est en danger ?

    3- Est-ce que c’est vraiment possible d’assurer son travail correctement pendant le jeûne, sans se mettre physiquement en danger surtout quand le ramadan tombera en plein été avec des journées très longues et chaudes ?

    A chaque début de Ramadan nous recevons un certain nombre de questions relevant la difficulté de nos coreligionnaires à vivre leur religion sereinement dans un Occident exclusivement dédié au travail et à la consommation, et qui ne se soucie guère du développement intérieur des hommes ni de leurs pratiques spirituelles. 77o de telles questions ne se posent nullement dans une société spirituelle, qui fonde sa raison d’être sur la croyance en Dieu, dans une société areligieuse, où l’humain, et tout ce qui gravite autour sont l’unique centre d’intérêt, et où l’insoumission et la culture du plaisir sont rois, il ne faut pas s’étonner qu’en fin de compte, il y ait en permanence opposition entre les pratiques religieuses et les valeurs qui régissent le monde matériel, qui ne cesse de gagner du terrain et de dicter le comportement d’hommes et de femmes, de plus en plus dépourvus de sens critique et soumis non à Dieu, mais entièrement à l’ordre qui les domine.

    A ce sujet d’ailleurs, il est bon de revenir aux fondamentaux et de dire d’entrée, que du point de vue de la tradition musulmane, quel que soit le degré d’aliénation du système dans lequel l’être humain évolue, il garde au final une certaine marge de manœuvre concernant les choix décisifs qui détermineront son parcours terrestre. Autrement dit, par son libre arbitre, le croyant demeure en dernière instance, le garant unique de son âme et doit de cet état de fait, se préparer à rendre pleinement compte de ses actes et agissements devant Dieu le jour du jugement dernier : « Les anges, venus ôter la vie à ceux qui avaient agi iniquement envers eux-mêmes, leur demanderont : «Où en étiez-vous sur le plan de la religion ?» – «Nous faisions partie des opprimés de la Terre», répondront-ils. À quoi les anges répliqueront : «La Terre de Dieu n’était-elle pas assez vaste pour vous permettre de vous expatrier ?» Ceux-là auront pour séjour l’Enfer – et quelle triste fin sera la leur ! » (Coran 4 : 97)

    Si des questions comme celles citées plus haut n’en finissent pas d’être posées, c’est que nous vivons aujourd’hui de plus en plus dans des sociétés dont les fondations ne sont nullement « spirituelles » mais toutes « matérielles ». Sociétés de distraction, hyper-rationnalisées et athéistes dont le mode d’organisation libéral détermine et conditionne à lui seul une grande partie de la vie des hommes, y compris même les croyants pratiquants qui le subissent directement ou indirectement, et ne peuvent de ce fait que suivre les lois de la masse au risque de s’auto-exclure de la société. Ce qui doit logiquement amener une personne saine d’esprit, qui se soucie encore de réussir son au-delà, à se poser constamment la question, que si le fait de se laisser aller les yeux bandés dans un tel système, ne présente pas un réel danger à s’engager sur une voie de perdition ou pour utiliser un langage biblique, à vendre à vilain prix son âme au prince de ce monde ?

    C’est qu’il ne faut nullement être un spécialiste de l’ethnologie ou un anthropologue chevronné pour comprendre qu’il suffit de pervertir un système par le haut en agissant sur ses élites ou sur ses composantes législatives pour que ce dernier se modifie en profondeur et atteigne la masse qui le soutient par le bas.

    Une des premières difficultés aujourd’hui à vivre une pratique religieuse de manière sereine, vient de l’absence d’environnement propice au développement de cette dernière, qui dans le cas du monde moderne, ne tend à aucun moment vers l’« unité » et la transcendance mais s’enveloppe continuellement dans des activités dispersantes.

    Il est bien connu par exemple, que le système de Droit dans les sociétés libérales a cessé depuis longtemps de faire référence à la morale ou à la religion, pour aller de plus en plus vers un rôle d’ajustement et de régulation des vices et vertus des individus qui les composent (de cela découlent toutes les politiques contemporaines de check and balance), dans la limite que la pratique de ces derniers (bons comme mauvais) ne nuisent pas à autrui et ne dépénalisent pas collectivement la société. Or tout le problème est là : Où se situe donc la limite de nuisance entre deux individus lambda ? Et sur quels critères juge-t-on qu’une catégorie de personne nuit par son comportement ou ses pratiques à la bonne marche de la société ?

    Sur ce dernier point et d’un point de vue libéral, la question est toute tranchée : tout ce qui nuit au Marché, c.à.d. à son développement, à ses forces de production et à son économie est un ennemi juré qu’il faut combattre par tous les moyens jusqu’à ce qu’il rende les armes (1). C’est dans ce sens qu’il faut comprendre la croisade des sociétés modernes depuis l’instauration de la laïcité (qui ne se marie que trop bien avec les fondements du libéralisme), à l’encontre des religions, qui tout en leur reconnaissant un sens moral bien pacificateur et spirituel pour les hommes, s’efforce par tous les moyens de combattre leurs dogmes les plus en divergences avec les points de vue et les fondements de la société marchande.

    Spiritualité « oui », mais de préférence sans culte ni doctrine religieuse ; voilà en gros les nouvelles valeurs de l’homme contemporain. Autrement dit, l’idéal pour un système moderne c’est d’avoir à sa disposition une masse d’individus, mobilisables à tout moment pour la production, mais dont la religion (s’il y en a une) doit être intériorisée au maximum (quitte à la réduire à un simple moralisme ou a du sentimentalisme dévotionnel) et reléguée aux dernières des préoccupations existentielles. Et il n’est nullement besoin de rappeler encore à ce sujet, qu’ôter à une religion sa section sociale ou de son culte et la confiner uniquement au « mental », revient à la vider carrément de toute sa substance (2).

    Bien évidement, nous ne sommes pas ici dans le phantasme, dans la mesure où un tel plan s’est déjà accompli par le passé avec le christianisme (dont le protestantisme et l’évangélisme sont les formes les plus dépourvues de tradition) et il est entrain de se produire avec la religion musulmane. Telle est aussi la signification de l’acharnement actuel sur l’islam d’où l’on souhaite faire sortir une nouvelle version toute « spirituelle », bien adaptée à la modernité, et atrophiée de tout corps doctrinal jugé trop contrariant (3). Politiquement, cela s’est traduit récemment en France par la série de lois sur le voile islamique qui ne seront surement pas les dernières en la matière.

    Reste à réaffirmer que pour ne pas s’écarter pour un musulman de la « voie » et vivre pleinement une vraie spiritualité, dans le sens premier de ce mot, il ne suffit pas de fuir les environnements impropres ou de faire partie d’une communauté religieuse solidaire, mais de réfléchir d’abord en première instance profondément sur son être, d’effectuer un travail intérieur sur soi-même, dans le but de se perfectionner et de développer ses facultés supra-individuelles. Il faut également s’armer de beaucoup de patience, car le combat spirituel est quotidien, se mène d’abord contre son nefs et implique de ne jamais perdre de vue le principe coranique qui dit : « Que Dieu ne change pas un peuple sans que ce dernier ne change par lui-même »

    Enfin, pour ce qui est des réponses aux questions posées plus haut, merci de se référer à la rubrique dédiées qui est accessible à partir de la page d’accueil ou à partir du lien ici

    (1) Voir a ce sujet, notre chronique « Les sentiers de l’égarement »
    (2) Nous nous sommes largement exprimés à ce sujet dans notre chronique « Croyant mais non pratiquant »
    (3) La mise au premier plan du soufisme ces dernières années par le biais de certains auteurs et artistes musulmans, ou la volonté de faire émerger un « islam de france » témoigne qu’un certain processus de « détraditionalisation » de l’islam est bien engagé. C’est aussi dans ce contexte que l’on hésite pas à promouvoir certains auteurs issus de l’islam comme le malheureusement très sérieux M.Chebal, auteur entre autre du Kama sutra arabe ou de l’Anthologie du vin et de l'ivresse, pour instruire les musulmans sur le voile ou ce qui est hallal et haram !

                                                                          Cet article a été déjà consulté 24511 fois
     

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    Litaize
    02 août 2011
    01:01:04

    De mo il plait parfoit de se contenté de criez allah

     

     

    bilal
    18 juillet 2013
    06:02:22

    Bel exposé qui pose des vraies questions mais qui ne répond pas clairement aux questions posées par les internautes. Un professeur mettrait sur la copie l' annotation"hors sujet".

     

     

    slysly
    12 juillet 2013
    12:05:32

    Ça fait beaucoup de blabla pour ne rien dire... Oui je suis d'accord il faut privilégier l'aspect spirituel et ses bienfaits. Mais Dieu nous a fait intelligents pour qu'on raisonne et qu'on atteigne des métiers bien placés. Se dévouer pleinement au ramadan et courir le risque d'être viré pour non efficacité ça met toute une famille en difficulté. L'argent ne tombera pas du ciel ou de la spiritualité que l'on s'est forgé. La vraie question qui se pose c'est : est ce que les coutumes ancestrales peuvent s'appliquer dans un contexte occidental ou les musulmans ne peuvent exercer librement leur religion ?

     

     

    Dernière mise à jour : 01/08/2014 - Nombre visiteurs : 3503540
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