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    Lionel.

    CHRONIQUE : Sur l’obéissance aux parents...
    par Lionel. J

    « Bonjour j'ai un ami dont la mère l'a mis dehors de chez elle car elle trouve honteux d'épouser une juive. Lui il l'aime trop et ne veux pas la laisser. Je souhaiterai savoir vu que le Coran dit que l'on doit veiller toujours à respecter et être en accord avec nos parents, que prévoit l'islam dans ce genre de cas? Doit-il retourner la voir? Doit-il ne pas y retourner puisqu'elle ne veut plus de lui chez elle? Comment régler cette situation? Avez vous une réponse s'il vous plait merci d'avance. » (Question transmise le 07/10/2008).

    La religion musulmane prône le respect des parents et des anciens, qui ont quoiqu'il en soit plus d'expérience de la vie que les jeunes. Cela se retrouve non seulement dans l’islam, mais dans toutes les autres traditions religieuses : « Celui qui te devance d'une nuit, te devance d'une sagesse » dit un célèbre proverbe maghrébin. Mais depuis l'avènement du monde moderne avec tout son lot de « valeurs » aussi subversives les unes que les autres, cette donne a bel est bien changée. Que dit donc l'islam sur l'obéissance aux parents ?

    Avant d’aller plus loin dans le développement de cette question, il faut savoir que deux cas de figure s’imposent ici : celui de distinguer si les parents en question sont musulmans ou non. Le Coran enseigne que si les parents ne sont pas musulmans, il faut tout de même les respecter, et leur obéir tant que ces derniers œuvrent pour le bien et la bonne éducation de leurs enfants. Cependant il est permis par la religion lorsque l'on est sous leur responsabilité de leur désobéir avec délicatesse s'ils incitent leurs enfants musulmans à agir à l’encontre des préceptes et valeurs de l’islam ou s’ils s'opposent à ce que ces derniers pratiquent leur culte religieux : « Et Nous avons enjoint à l'homme de bien traiter ses père et mère, et "si ceux-ci te forcent à M'associer, ce dont tu n'as aucun savoir, alors ne leur obéis pas. Vers Moi est votre retour, et alors Je vous informerai de ce que vous faisiez. » (Coran 29:8).

    Dans le cas où les parents sont musulmans, et qu’il y a un différent entre ces derniers et leur progéniture, il convient d’agir autrement et déterminer d’abord du point de vue de l'islam l’ « origine du problème » afin d’essayer d’apporter la meilleure solution possible. Une tierce personne connaissant bien les enseignements de l’islam sera la bienvenue pour apporter l'éclairage nécessaire sur le conflit en question ; S'il est avéré que les parents sont dans l'erreur, il faut leur signaler celle-ci, toujours avec courtoisie et preuve à l'appui (Coran, sunna…). Si ce sont en revanche les enfants qui ont tort, ces derniers n'ont pas le droit du point de vue doctrinal de s'opposer à leurs parents : « Le paradis est sous les pieds des mères » ou « Le père est la porte intermédiaire du paradis. » rappelle le prophète de l’islam (PBSL) dans ces deux célèbres hadiths. Ces deux paroles devraient donc se suffire à elles-mêmes quant à la détermination des rapports que les enfants doivent avoir avec leurs parents. Mais une question naturelle s'impose également à ce stade : Pourquoi donc tout ce respect envers ses parents et la famille, si caractéristique de la religion musulmane ?

    Il est à signaler que le respect des parents en islam est considéré comme une haute vertu, n’ont pas par leur statut de géniteurs, du fait qu'ils ont un niveau intellectuel supérieur à celui de leurs enfants ou qu'ils soient dotés de plus de « savoir vivre »…mais tout simplement parce que l'islam leur confère entre autre le statut de gardiens de la tradition religieuse ; qui n'est ni plus ni moins que la clé de voûte ou la voie royale pour réussir son au-delà ; Tout fils ou fille s'opposant donc à ses parents sur le terrain religieux sans que ces derniers ne soient dans l’erreur, s’expose à la damnation (al-la’na) d’abord dans le monde ici bas puis dans l’au-delà. A chaque agissement au nom de valeurs incompatibles avec l’esprit de la tradition musulmane, l’enfant désobéissant (a’ssi en arabe) --qui est aussi un futur père--, démolit petit à petit ou égratigne doucement mais sûrement ce que les anciens parmi les siens se sont efforcés de conserver depuis des générations. C’est également ce cheminement qui a donné naissance en Occident à l’homme moderne, ultra profane, complètement détaché de la religion pour ne pas dire opposé à cette dernière. Le même type d’homme laïc, athée ou agnostique, qui n’inclut aucun critère spirituel ou religieux dans sa vie, quand l’heure est à la réflexion ou à l’« action ».

    Au lieu donc de chercher à comprendre ses parents et par extension sa tradition religieuse, certains individus se révoltent contre leur environnement d’origine. De nos jours, cet esprit d'opposition à l’autorité parentale ne fait que s’accentuer du fait de sa normalisation dans la société, et son intégration complète par les modernes dans ce que l’on nomme aujourd’hui le processus d’« évolution des mœurs » (1). C’est ainsi que la « mentalité moderne » a balayé et aboli en Occident, depuis un certain temps déjà, toutes les frontières de morale et de respect mutuel qui subsistaient entre les anciens et leurs jeunes (2). Du point de vue de l’islam ceci est d’ailleurs un signe précurseur fort caractéristique de la fin des temps (3).

    Quoi qu’il en soit, et de façon générale, le type de conflit dont il est question dans les sociétés modernes, entre les parents et leurs enfants n'aurait jamais eu lieu d’exister dans une société dite « traditionnelle », où chacun se retrouve à sa place dans la hiérarchie sociale et spirituelle (4). Pour insister d'avantage sur ce point qui est à nos yeux capital, nous dirons que parfois l'écart mental et culturel entre la génération des parents et celle de leurs enfants, beaucoup plus visible chez les familles issues de l’immigration par exemple, est tel que toute tentative d' entente sur un sujet touchant à la religion est voué d'avance à l'échec, d'où la tension qui règne souvent à la maison : les parents souvent « traditionalistes », pourvus d’un point de vue tout différent de celui de leurs enfants qui eux partagent désormais une vision des choses toute « sécularisée ». Les uns croyant qu'il faut adapter la religion à la modernité, les autres le contraire (5). Ainsi, si la modernité accommode et enracine l’homme dans le monde d’ici-bas, la tradition religieuse lui garantit le salut dans l’autre monde par la voie la plus large possible qui est celle de la religion. C'est donc à partir de principes supérieurs que découlent toutes les mentalités issues de l'islam et non à partir de purs facteurs humains comme c'est le cas actuellement dans le monde moderne (amour, intérêt professionnel…), ces derniers ont pour seul but l'épanouissement profane de l'homme sur terre sans se soucier de son devenir dans l’au-delà.

    A défaut donc, de nous prononcer définitivement sur la question posée au début de cette chronique, nous renvoyant dos à dos les deux parties en conflit, non sans souligner le manque de cohérence et de transcendance de chacune d’elles dans sa logique de raisonnement : le fils souhaitant épouser une femme uniquement par motif « sentimental » (dû moins c'est ce qui semble se dégager de la question posée). La mère quant à elle, semble méconnaître l'islam dans la mesure où elle s'attache individuellement à des préjugés passionnels (pensant bien agir malgré tout pour le compte de son fils), alors que l'on sait que l'islam autorise dans certaines conditions un homme musulman à épouser une femme de confession chrétienne ou juive (6). Il convient donc pour cette famille de bien cerner les motifs et les contours exacts de ce mariage interreligieux et de bien se projeter dans l'avenir avant de se précipiter dans la concrétisation de cette union.

    Enfin, nous dirons pour conclure que le mariage est plus qu'une simple affaire de sentiments (7), qu'il convient donc de bien exposer les intentions et le projet de chaque partie avant de s’engager. D’ailleurs à propos de l'intention et la sincérité dans les actes et son importance en islam, le prophète Muhammad (PBSL) nous enseigne dans un célèbre hadith que les intentions (a-niyat) précèdent et concluent toujours chaque acte qu'entreprend l'être humain : « Et celui qui émigre pour acquérir des biens de ce bas-monde ou pour épouser une femme, son émigration ne lui sera comptée que pour ce vers quoi il a émigré. Celui qui émigre vers Dieu et son messager son émigration ne lui sera comptée que pour ce vers quoi il a émigré ».

    (1) Il faut savoir que l'« évolution » des mentalités comme l'entendent nos contemporains ne tend pas forcément vers quelque chose de positif, comme l'on pourrait le croire dans un premier temps par « abus de langage ». Il ne serait pas hors de propos de citer ici un exemple simple : Autrefois dans l’Occident hellénique, l’ « aura » de respect qu’un homme dégageait était en rapport direct à son savoir ou sa sagesse, plus tard au moyen âge ce fut par son pouvoir ou son influence. De nos jours on ne distingue les hommes que par leur position sociale (riche ou pauvre) ou leur apparence extérieure.
    (2) Voir à ce sujet nos deux chroniques : « Génération Red Bull » ici et .
    (3) Se référer à notre chronique « L’antéchrist en Islam ».
    (4) Nous parlons bien sûr ici de parents musulmans au vrai sens du terme, qui comprennent le sens réel de la tradition islamique. Malheureusement, il existe de nos jours de plus en plus de parents qui, bien qu’étant d'origine musulmane, ne conservent guère de l’islam qu’un esprit conservateur et réactionnaire, sans aller plus loin dans la compréhension de leur religion.
    (5) D’un point de vue supérieur, les « connaissances traditionnelles » ou religieuses l’emportent largement sur le « savoir profane », car le savoir tel qu’il est conçu actuellement dans le monde moderne est dépourvu de toute transcendance. Or la connaissance telle qu’elle fut envisagée dans les civilisations « traditionnelles » est entièrement soumise à des principes immuables, à partir desquelles elle base tous ses fondements et sa raison d’être.
    (6) Se référer aux réponses 25 et 26 que nous avons formulé par le passé à ce sujet >>
    (7) Voir à ce sujet notre article sur « Le mariage en islam », ou notre chronique « Génération Red Bull 1/2 »

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