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    Lionel.

    CHRONIQUE : Islam et droits de l'homme (1/2)
    par Lionel. J

    « L’Islam est-il compatible avec les droits de l’homme ? »

    A l’occasion du 60ème anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme et de son adoption par l’assemblée générale des Nations Unies en Décembre 1948 nous avons jugé utile de consacrer ces quelques lignes à ce thème qui de part la configuration géopolitique complexe du monde et les nombreux conflits qui le gangrènent aujourd’hui n’a jamais été aussi d’actualité. La déclaration universelle des droits de l’homme est donc un texte relativement récent, historiquement parlant (1). Ce texte dans sa formulation, proclame les droits fondamentaux et inaliénables de chaque individu, que l’on acquiert dès sa naissance, tel le droit à la liberté, à la vie, ou encore à la propriété.

    Or, en Islam, des principes similaires furent formulés quelques 14 siècles auparavant. Aussi, il est important de ramener sur le devant de la scène cette vérité trop souvent éclipsée, et qui témoigne surtout d’une ignorance manifeste des fondements principaux de l’Islam et des lois et droits que ce dernier à permis de formuler à partir des hadiths prophétiques, de son système social ou surtout du Coran sacré.

    En méditant attentivement les diverses sources de la tradition musulmane (Coran et hadiths...), ces concepts de droits fondamentaux apparaissent de façon manifeste, et le déclin de l’empire musulman il y a de cela quelques siècles, que ce soit sur le plan culturel, artistique ou scientifique n’est nullement à cause de l’islam. Il est en grande partie due à l’abandon des fondements même de la religion et de préceptes universels tel que ceux d’égalité, de justice ou de liberté, ce qui a inévitablement fait place par la suite aux diverses formes de dictatures, d'obscurantisme et de régimes tyranniques qui gouvernent le monde musulman depuis lors.

    La liste totale des points pouvant être abordés ici étant particulièrement longue, nous avons décidé de n’aborder dans cet exposé que les points relatifs aux droits fondamentaux de l’homme. Les droits ayant une portée plus locale et sociale, tels que le droit à l’éducation, au travail ou le concept de l’égalité des deux sexes ou même le statut des non-musulmans en terre d’Islam, seront abordés dans la deuxième partie de la chronique.

    La définition de l’homme en Islam :

    L’homme est, par la définition même du texte coranique, un signe miraculeux de Dieu, produit de la miséricorde divine. Dieu nous enseigne à travers son texte sacré la présence de multiples signes corrélés entre eux et qui sont évidents à destination des hommes, aussi bien dans l’univers que dans la constitution de l’homme lui-même : « Il y a sur terre des preuves pour ceux qui croient avec certitude; ainsi qu'en vous-mêmes. N'observez-vous donc pas ? » (Coran LI, 20-21)

    Ainsi selon Ibn Arabi, l’homme est un signe en lui-même, « la preuve évidente d’une chose, Sa puissance éclatante et la marque visible de Sa présence ». Il contient en sa création la preuve de l’existence de Dieu. Un autre hadith prophétique à ce sujet est sans équivoque : « J’étais (Dieu) un trésor caché, j’ai voulu être connu, à cette fin j’ai créé l’homme et par lui je fus connu. ». Il est a signalé ici au passage que Ibn Arabi est le premier a établir le concept de l’homme universel (Al insan al kamil), qui part sa proximité auprès de Dieu, du fait de sa recherche constante de la Vérité (Al Haqiqa), s’est arraché des chaines du monde matériel pour se libérer totalement et se confondre avec l’unité principielle. Mais le point de vue musulman sur la notion de « liberté » diffère substantiellement de celui formulé en Occident, et nous l’aborderons plus loin.

    Aussi, concernant le libre arbitre qui est une composante apparente de la liberté de l’homme, l’islam considère l’homme comme entièrement responsable de sa propre âme, et rejette donc toute notion de péché originel (2). Par ailleurs, le Coran dénonce aussi l’idée même de toute médiation entre l’homme et Dieu ; la relation entre la créature et son Créateur étant directe, et Il est le seul à qui l’on demande l’absolution et qui puisse pardonner à l’homme ses péchés : « C'est à Allah qu'appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Que vous manifestiez ce qui est en vous ou que vous le cachiez, Allah vous en demandera compte. Puis Il pardonnera à qui Il veut, et châtiera qui Il veut. Et Allah est Omnipotent. » (Coran II, 284). L’Islam se situe donc sur cette question complètement à l’opposé de la vision christique et du dogme promulgué par l’église qui consiste en le « salut » de l'homme par le sang de Jésus-Christ.

    Le respect de la dignité de la personne humaine en Islam :

    Dieu a fait de l’homme son vicaire sur Terre Khalifa, ce qui le conditionne a être soumis à la volonté divine. Et même plus encore, cette affirmation provenant directement du texte coranique tend à montrer que l’homme ne tient debout que par une volonté divine, et lui est soumis de façon involontaire et exclusive. Comme le dit Nadjm oud-Dine Bammate dans son article Destin de l’homme musulman extrait de la revue L’âge nouveau : « dans l’ordre individuel, tout homme est essentiellement esclave de Dieu, par conséquent, pas de valeur humaine autonome. Un humanisme coupé de l’infini, privé de la dimension spirituelle est inconcevable dans l’Islam, il risquerait de mener à une divinisation de l’homme ». Or la formulation philosophique puis pratique de l’humanisme en Europe notamment depuis le siècle des lumières est foncièrement individualiste et antireligieuse (3) dans la mesure où elle est dénuée de toute référence à tout principe supérieur comme c’est le cas dans l’humanisme religieux.

    Pour revenir à la notion de « soumission à Dieu » en islam, nous dirions que cette dernière se traduit également par le témoignage de son unicité et surtout par l’adhésion totale à ces préceptes et recommandations. Reconnaître un autre que Dieu comme maître est considéré en islam comme un pur acte de polythéisme. En tant que lieutenant de Dieu sur Terre, l’homme dispose donc de certaines responsabilités, que le prophète Muhammad n’a cessé de rappelé à ses compagnons notamment lors de son « discours de l’adieu » (Khoutbatoul wada’) :
    « Ô gens ! Votre sang, vos biens, votre honneur sont sacrés pour vous, jusqu’à ce que vous rencontriez votre Seigneur et il vous demandera compte de vos actions ! …. Ô gens ! Votre Seigneur est unique et votre ancêtre est [également] un. Tous vous descendez d’Adam [et] Adam est né de la terre. Le plus noble d’entre vous aux yeux d’Allah est le plus pieux. Allah est omniscient et bien informé (Coran XLIX, 13). Un arabe n’a supériorité sur un non-Arabe que par la piété. Eh bien ! Ai-je [bien] transmis le message ? Mon Dieu ! Sois témoin. »

    La liberté selon l’Islam :

    Nous avons fais brièvement plus haut allusion à la notion de « liberté de l’homme » sans pour autant la définir du point de vue religieux ; Ainsi de par son aspect de serviteur de Dieu (Abd Allah), la liberté de l’homme ne peut être envisagée du même point de vue que la conçoivent les modernes. En islam elle est confinée et soumise aux limites fixées par la tradition et la Loi divine. Cette liberté, l’homme l’a lui-même adopté involontairement dans un autre monde et avant avant même de venir au monde lorsqu'il a fait allégeance au « pacte primordial » et accepta de prendre en charge le dépôt divin al-amana qui lui fut remis par Dieu : « Nous avions proposé aux cieux, à la terre et aux montagnes « al amana » (la responsabilité de porter les charges de faire le bien et d'éviter le mal). Ils ont refusé de la porter et en ont eu peur, alors que l'homme s'en est chargé; et il fut très injuste [envers lui-même] et très ignorant. » (Coran XXXIII, 72)

    L’homme dispose donc de son propre « libre-arbitre » sur Terre mais d'une liberté restreinte. Il sera de ce fait jugé dans l’au-delà selon les actes qu’il aura produit durant son passage terrestre, et de ce qu’il aura entrepris de par sa marge de liberté acquise ici-bas.

    En outre, afin d’atteindre pleinement cette liberté « parfaite », l’homme doit non seulement accepter la soumission à son créateur, mais si abandonner pleinement, afin d’être véritablement libéré de ses pulsions, de ses passions sentimentalistes et du matérialisme si caractéristique de l’existence éphémère de la vie ordinaire. Il doit apprendre à se libérer de la tentation des « idoles » que symbolise l’argent, la célébrité ou tout ce que l’on peut qualifier d’ « idéaux », qui ne peuvent que s’effacer de part leur fugacité par rapport à la Vérité. En d’autre terme, étant soumis à Dieu, l’homme recouvre toute sa liberté universelle, n’ayant plus aucune attache, aucune entrave qui le retienne prisonnier de sa misérable existence terrestre.

    La conception de liberté « islamique » est donc en dehors de la "raison humaine". Elle est entièrement dépendante de la Vérité absolue. Elle diffère radicalement de celle envisagée actuellement en Occident qui a emprunté le chemin inverse ou la quête de liberté n’est plus qu’une sorte d’illusion romanesque dans laquelle l’homme ne peut s’affranchir du monde de la matière, ni de sa condition corporelle pour s’élever spirituellement à la vraie liberté dans sa plénitude la plus totale, les affres du matérialisme et du sentimentalisme (4) étant encore bien trop conséquents et pesant lourdement sur chaque choix de la vie courante.

    Le droit à la vie selon l’Islam :

    Le respect de sa propre vie et de celle des ses semblables est l’un des devoirs les plus importants du musulman : « C'est pourquoi Nous avons prescrit pour les Enfants d'Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d'un meurtre ou d'une corruption sur la terre, c'est comme s'il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de la vie, c'est comme s'il faisait don de la vie à tous les hommes. En effet Nos messagers sont venus à eux avec les preuves. Et puis voilà, qu'en dépit de cela, beaucoup d'entre eux se mettent à commettre des excès sur la terre . » (Coran V, 32)

    Concernant la loi du Talion –si incomprise par les modernes et qui n’est absolument pas une loi née de l’Islam mais qui puise ses origines chez les juifs et les romains– le Coran est descendu afin de réglementer cette pratique, et permettre à la victime en dernier recours de souhaiter oui ou non réparation par ce moyen, le dédommagement matériel étant préféré en place de la perte d’une vie humaine : « Ô les croyants ! On vous a prescrit le talion au sujet des tués : homme libre pour homme libre, esclave pour esclave, femme pour femme. Mais celui à qui son frère aura pardonné en quelque façon doit faire face à une requête convenable et doit payer des dommages de bonne grâce. Ceci est un allégement de la part de votre Seigneur et une miséricorde. Donc, quiconque après cela transgresse, aura un châtiment douloureux. C'est dans le talion que vous aurez la préservation de la vie, ô vous doués d'intelligence, ainsi atteindrez-vous la piété. » (Coran II, 178-179)

    Le talion est donc ici appliqué et mis en vigueur uniquement à titre préventif, et comme garant de la limitation des crimes. Il proclame également l’égalité parfaite des hommes en se qui concerne le prix du sang, refusant toute distinction de race ou de rang social.

    A partir donc de toute ces considérations, il apparaît clairement à l’étude de ces premiers articles de loi islamique, que l’Islam, loin d’être une religion qui ne reconnaît pas de droits à l’homme ou qui l’opprime telle que l’affirment certaines élites occidentales islamophobes, est en fait une religion ayant aboutie à la construction d’un système sociétal véritablement équilibré et un dès plus humaniste qui soit. Système qui puise sa légitimité entièrement dans des principes supérieurs et non dans des lois purement terrestres et individualistes.

    Les premiers points que nous avons abordés ici ne concernent donc que l’aspect le plus général des droits de l’homme selon l’Islam, Il convient d’aborder maintenant (dans la prochaine chronique) pour être le plus complet possible l’aspect sociétal du droit et ses différentes modalités.

    (1) Le texte a été adopté par l'Assemblée générale des Nations unies le 10 décembre 1948 à Paris au Palais de Chaillot.
    (2) Notion pivot du dogme chrétien, qui stipule entre autre que l'homme est pécheur par nature et qu'il ne peut échapper à cet état de fait que par l'acceptation du sacrifice de Jésus christ ainsi que par la « résorption » des péchés par son sang. Il est a signalé que l'origine et la notion de « péché originel » est a mettre directement en rapport avec le récit biblique d'Adam père de l’humanité chassé du Paradis car coupable d'y avoir goûter le fruit.
    (3) L'humanisme « athée » prend uniquement l'homme comme point de départ et d'arrivée et écarte de sa conception toute référence traditionnelle ou religieuse pour justifier son action. Il lui substitue le sentimentalisme et la morale laïque ou dite « universelle » qui sont des productions purement humaines incapables d'élever l'homme à la Vérité, ni de lui faire comprendre le sens profond du bien et du mal. Cette conception déviée de l'humanisme moderne divinise l'homme en le plaçant systématiquement au centre de son univers, ce qui peut lui excuser aussi toutes les dérives qu'il soit, du moment où elles sont utiles à l'homme ou mieux encore : « humaniste ». De ce point de vue, l'humanisme que l'on érige aujourd'hui comme religion du nouveau millénaire est condamné tôt ou tard à la disgrâce et la péremption de même que les courants philosophiques tel que le naturalisme, le positivisme ou même le matérialisme, desquelles il ne différent guère d'ailleurs. Ce que résume parfaitement Blondel dans sa citation : « On aura beau ériger chaque personne ou toutes les personnes ensemble en absolu : on ne réalisera pas leur être comme il doit l'être, car c'est dans un autre plan que celui de la personnalité que réside le perfectionnement de la personne, toujours appelée à se dépasser elle-même ou menacée de tomber au-dessous de soi. »
    (4) Sur ce point se référer a été largement développé dans notre chronique « L'Occident et la religion ».

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