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    La politique du Progrès

    Comme on le voit, le « progrès » tel qu’il apparaît à la sortie des Lumières est avant tout un progrès matériel et hédoniste : l’amélioration des conditions de vie et de travail des citoyens, l’augmentation des ressources et des possessions, avec pour objectif final une vie sans cesse moins « pénible », plus « agréable » et « jouissive ». Toutes les caractéristiques de notre époque moderne apparaissent ainsi déjà en germe dans ce nouveau Dogme du Progrès hérités des Lumières européennes : destruction de tous les tabous, de toutes les règles morales, de tous les freins culturels et psychologiques patiemment mis en place par nos ancêtres, et qui endiguaient jusqu’à présent nos pulsions sensuelles, notre avidité, notre égoïsme. Jouir plus, toujours plus, sans entrave (Mai 68 et la révolution sexuelle…) ; ou bien posséder plus, toujours plus, sans avoir à se préoccuper des autres (libéralisme économique, puis financier) : telles sont les deux uniques préoccupations de notre civilisation moderne, facettes opposées mais indissociables de l’ « Esprit des Lumières ».

    Aux Lumières succède une période d’utopisme et de délires futuristes qui accompagne le début de la croissance économique mondiale, la mécanisation des campagnes et des usines, l’exode rural, une très forte croissance démographique ; la progression de l’espérance de vie et la diminution du temps de travail laissent imaginer pour l’Homme occidental, enfin « délivré » des superstitions religieuses et de l’aliénation du travail, un avenir radieux, entièrement consacré aux loisirs et aux plaisirs… Cette accélération de l’histoire à la Renaissance, puis à l’époque de la Révolution industrielle, se poursuivit au XXe siècle avec la progression exponentielle des capacités de nos ordinateurs, Internet, la bombe atomique, l’adoption en quelques années d’une multitude de gadgets technologiques que nos parents n’auraient même pas imaginés (téléphones portables, e-pod, vibromasseurs à mémoires programmables…). Il a fallu attendre près de 2000 ans entre le Mythe d’Icare et les machines volantes de Léonard de Vinci au XVème siècle ; 400 ans plus tard Clément Ader effectuait son premier saut de puce sur le plateau de Satory ; 80 ans plus tard l’homme marchait sur la Lune. HG Wells écrivait ainsi au début du XXème siècle : « Nous entrons dans une ère de progrès qui se poursuivra, sans cesse plus vaste, sans cesse plus confiante, à tout jamais. »

    Deux systèmes politiques et économiques concurrents vont essayer de théoriser et organiser pratiquement, séculariser, pourrait-on dire, cet « avenir radieux » matérialiste et hédoniste, promis par l’idéologie du Progrès : le libéralisme et le communisme. Ces 2 systèmes se revendiquent tous deux de la Révolution Française et des Lumières : Communistes et Libéraux s’accordent ainsi sur le but à atteindre, le Progrès et la Croissance économique, ne divergeant que sur les valeurs secondaires et les méthodes à employer. Au risque d’être outrancièrement simplificateur : les uns mettront en avant la Liberté absolue, chacun étant seul responsable de sa réussite ou son échec, au risque que les inégalités naturelles ne se transforment en inégalités sociales et économiques ; les autres l’Egalité absolue, l’ « Etat » ayant le devoir de corriger les « inégalités naturelles » au risque de réduire les libertés individuelles et de « niveler par le bas ». Finalement, libéralisme et communisme ne sont que 2 expressions concurrentes de cette même idéologie du progrès : ainsi Tocqueville écrivait déjà en 1830 dans De la démocratie en Amérique : « Il y a aujourd’hui sur la terre deux grands peuples, qui partis de points différents, semblent s’avancer vers le même but : ce sont les Russes et les Anglo-Américains ». Ne fait-on pas dire à Lénine lui-même : « l’URSS, c’est les USA avec l’égalité » ? La compétition acharnée (scientifique, industrielle, militaire, sportive…) entre ces 2 systèmes à vocation universelle va rythmer toute l’histoire du XXe siècle, de la Révolution Soviétique d’Octobre 1917 à l’effondrement de l’URSS en 1991, en passant par les Jeux Olympiques d’Helsinki, la crise de Cuba, la Conquête Spatiale et les conflits post-coloniaux d’Indochine ; mais, en fait, la lutte apparente entre « capitalistes » de droite et « marxistes » de gauche ne doit pas occulter le fait que l’élément majeur du siècle dernier est la mondialisation progressive, sous ses différentes formes, de la doctrine du Progrès et des valeurs qui l’accompagnent (individualisme, matérialisme, athéisme, démocratisme…), broyeurs de traditions et de particularismes locaux. De sorte que, au final, la défaite du communisme n’a fait que renforcer la domination idéologique de son alter ego progressiste, le libéralisme, paradigme désormais dominant, si ce n’est unique, et donc totalitaire...

    La rupture environnementale

    La croyance en la possibilité d’une croissance illimitée que partagent nos sociétés modernes est irrationnelle, abstraite, déconnectée du réel ; elle suppose une humanité se déployant dans un espace aux dimensions, aux ressources et à la durée infinies… Le monde dans lequel nous vivons, hélas, est étroitement limité par la surface de notre planète et les ressources qu’elle peut durablement produire. Une humanité de plus en plus nombreuse et de plus en plus consommatrice de biens matériels devait tôt ou tard se heurter à ces limites, d’autant plus brutalement que sa trajectoire expansionniste s’était accélérée exponentiellement au cours du dernier siècle.

    Le mécanisme de « rupture environnementale » a été particulièrement bien analysé par Jared Diamond, en particulier dans son dernier ouvrage « Effondrement » : le progrès technique permet un rapide accroissement de la population et de son niveau de vie, la conjonction de ces deux phénomènes se traduisant par une croissance exponentielle de la consommation qui, au-delà d’un certain seuil de « sustainability », comme disent les anglo-saxons, se traduit elle-même par un épuisement de plus en plus critique de l’environnement (déforestation, érosion, pollution…), jusqu’à ce « point de rupture » à partir duquel le niveau de vie ne peut plus être maintenu, les structures économiques, puis sociales, puis politiques commencent à se déliter, la caste au pouvoir perd la légitimité que lui assurait jusqu’alors la prospérité du groupe et doit recourir à la force pour ne pas être renversée, chacun essaye de défendre ses acquis au détriment des autres, la lutte pour la survie remplace la solidarité, et bientôt la société s’éteint dans une dernière braise de violence sans espoir… En ce qui concerne la société occidentale moderne, le point de rupture environnementale a sans doute été atteint. Les dommages infligés à notre environnement ne sont pas loin d’être irréversibles ; une croissance démographique incontrôlée plonge des continents entiers dans la misère, la famine et la guerre ; tôt ou tard les nations entreront en lutte pour s’accaparer les dernières ressources disponibles ; la guerre du pétrole a déjà commencé au Moyen-Orient ou autour du Golf de Guinée, demain ce sera pour les terres cultivables, le gaz naturel ou l’eau potable...

    Comme le démontre brillamment ce même Jared Diamond, l’étude des civilisations qui nous ont précédé (Mayas, Angkor, Ile de Pâques…) nous enseigne que la disparition d’une société est la conjonction de deux facteurs : l’épuisement de son environnement ; et son incapacité politique et culturelle à définir et mettre en œuvre les mesures qui s’imposent pour inverser la tendance. Mais, aujourd’hui, tout indique que nous restons prisonniers d’un catastrophique blocage mental et structurel, qui nous empêche de lever la tête, de respirer un bon coup et d’accepter de faire, tous, les efforts nécessaires... Pourquoi cette incapacité à prendre les bonnes décisions ?

     

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    Dernière mise à jour : 01/08/2014 - Nombre visiteurs : 4144255
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